10 janvier 2009

Jericoacoara - Fortaleza (Nord Brésil) - arrivée le 08/12/06Nous voici arrivés à Jericoacoara , petit paradis isolé mais néanmoins étonnamment fréquenté par les touristes que nous sommes, et disposant donc de tous les éléments de confort qui en découlent dans un cadre magnifique.
Au menu, capoiera tous les soirs sur la plage, tour de buggy dans les dunes, dégustation de crabes chez le producteur, baignades, farniente... bref tout ce qu'il faut pour reprendre des forces avant de retourner dans la jungle urbaine qu'est Sao Paolo.
Sur le chemin du retour court passage à Fortaleza, qui fait pas mal penser à sa grande soeur Rio de Janeiro et ses superbes plages, avec le coté "carnaval" et le pain de sucre en moins.

22 novembre 2008

São Luis - Lençois Maranhenses (Nord Brésil) - arrivée le 30/11/06

São Luis possède un superbe centre historique, où il fait bon flanner en faisant quelques pauses  dans les bons petits restos locaux. 
Je suis surpris de voir pas mal de noms de rues en français, mais j'apprends vite que c'est une des seules villes brésiliennes fondées par la France. Dans pas mal d'hotels et de restaurants, les cartes sont d'ailleurs encore bien souvent en français. 
Après cette petite pause, de nouveau un peu d'aventure, puisque on s'enfonce droit dans le brésil profond, direction les Lençois Maranhenses (littéralement les draps du maranhense). C'est une énorme étendue recouverte uniquement de dunes séparées par des lagons d'eau translucide, dont les tons bleu-vert contrastent avec les dunes d'un blanc éblouissant. Pour arriver jusque là, et pour en repartir, on expérimente le moyen de locomotion local, à savoir des pick-up tout terrain Toyota avec bancs en bois, pas très confortable, mais redoutablement éfficace sur les pistes en sable. On se régale des fruits du cajou, très rafraîchissants compte tenu de la chaleur et sécheresse ambiante. C'est d'ailleurs à peu près la seule plante qui pousse dans le coin,  l'anacardier ayant l'avantage d'avoir des racines très profondes. Petite précision, c'est le "faux fruit" de l'anacardier que nous mangeons, en effet le vrai fruit, qui donne la bien connue noix de cajou n'est pas comestible  (et même très toxique) s'il n'est pas préparé correctement.
C'est à ce moment-là que l'on apprend que Mayara est enceinte de Gustavo !
On décide donc d'aller se reposer dans un petit coin de paradis : Jericoacoara.


09 novembre 2008

Manaus / Hotel Ariau Amazon towers (Nord-Ouest Brésil) - arrivée le 25/11/06

Après quelques mois d'aventures en solitaire durant lesquelles j'ai pu explorer mes limites en termes de résistance aux conditions les pires possibles de transport, logement et alimentation, me voici de nouveau acompagné de Mayara, avec laquelle je vais devoir sacrifier un peu de l'aspect "roots" pour beaucoup plus de confort.
Nous voilà donc dans un vol Sao-Paolo-Manaus pour un hotel qui m'a parut un bon compromis entre confort et aventure : le Ariau (Araù en portugais) Amazon Towers, un projet complètement halucinant dont je ne soupçonais même pas l'existence. Le concept : un complexe hotelier en plein coeur de l'Amazonie, entièrement construit sur la canopée, c'est à dire à hauteur de la cime des arbres, soit à environs 30 mètres du sol. Le tout est fabriqué en bois, tous les batiments étant reliés par des passerelles qui se parcourent à pied ou en voiture électrique (!).
Pour vous donner une idée de la taille, il faut environs 3 heures de marche pour faire le tour de l'hotel en utilisant les passerelles (pas question de se promener tout seul au niveau du sol, c'est la jungle, la vraie).
Hormis l'aspect un peu "club med" des activités organisées, il faut dire qu'en 3 jours on a pu découvrir plein de choses vraiment intérressants sur l'Amazonie et vivre des expérienses géniales : nage avec les dauphins roses d'eau douce (Boto), pêche au piranha, capture de crocodile en pleine nuit, journée de survie en plein jungle avec un ancien commando, sans oublier les jeux quotidiens avec les singes pas farouches, la découverte des fruits locaux (il y en a un nombre incroyable, avec des saveurs tout aussi incroyables...), et les promenades sur le fleuve.
A Manaus, on se régale avec le Tacaca que me fait découvrir Mayara, pour qui la quête du meilleur Tacaca va devenir une vraie obsession pendant ces quelques jours dans la région amazoniene. C'est une sorte de soupe servie dans la rue, dégustée généralement en fin d'après-midi ("depois da chuva", après la pluie) dans une demi-calebasse. C'est très aigre, très fort et très bon.
Prochaine étape : São Luis

29 août 2006

Kariba / Parc National de Mana Pools (Nord Zimbabwe) - arrivee le 05/08/06

Des mon arrivee au Zimbabwe, j'ai pu avoir la confirmation de l'hospitalite et la gentillesse de ses habitants (cette destination m'avait en effet ete fortement recommandee par un couple rencontre a Johannesbourg qui en revenaient (merci mille fois si vous me lisez)). En effet, des le trajet en bus pour arriver a Harare, j'ai rencontre quelqu'un qui se proposait de me servir de guide et chauffeur pour mes deplacements dans Harare (par pure hospitalite, sans attendre quoique ce soit de ma part autre que ma reconnaissance). Au cours de la semaine que je vais ensuite passer dans ce pays, je vais constamment etre invite a manger, boire des bieres ou juste discuter, ce qui me rappellera etrangement la Birmanie. D'autant plus etrange que ce ne sont pas les seules similitudes : une inflation galopante (ici ce n'est pas un petit 200 %, mais carrement plus de 1000% par an !!!), un regime au pouvoir tres critique (pas militarise comme en Birmanie, mais tres police quand meme) , et, je me repete un peu, des gens extremmement sympathiques et toujours pres a rendre service.
La situation economique, donc. Imaginez un pays dans lequel tous les prix augmentent environs une fois tous les deux jours, mais ou les salaires ne sont ajustes que deux fois par an (pour les chanceux...), ou on emet une nouvelle monaie (trois zeros en moins par rapport a l'ancienne) dont les billets ont une duree de vie de un an (!!!), ou il est strictement interdit de faire du change a un cours autre que le cours officiel (250Z$ pour 1 US$, contre pres de 1000Z$ pour 1US$ au marche noir...), au point ou la plupart des changeurs de rue dans Harare sont en fait des policiers en civil "piegeant" les eventuels "criminels", et ou la plupart des gens ont renonce a avoir un emploi salarie, preferant des activites de micro-entreprise leur permettant d'avoir des revenus plus flexibles et d'acceder plus facilement aux devises etrangeres. La grosse difference avec la situation en Birmane, c'est qu'ici il y a encore une dizaine d'annees l'economie etait excellente, a tel point que le pays etait un des plus performants d'afrique. Ceci est d'ailleurs facilement visible, les villes sont tres modernes, les infrastructures sont tres bonnes et les conditions sanitaires incomparables avec celles de ses voisins.
Comment expliquer un tel declin ? en faisant rapide, Mugabe qui est au pouvoir depuis vingt-cinq ans quand-meme, a decide au milieu des annees 90 de radicaliser sa politique anti-coloniale au point de chasser tous les fermiers blancs du pays. Le probleme, c'est que l'agriculture constituait plus de 60% du produit du pays ,que c'etait une production de grandes exploitations tres modernes, et que pour faire tourner ce type d'exploitation, il est necessaire d'avoir des competences qui ne s'acquierent pas du jour au lendemain. Une fois les fermiers blans partis, Mugabe a donc distribue les terres, evidemment en privilegiant son cercle de connaissances, les partisans le soutenant, etc. , bref des gens pas plus capables que moi d'en tirer quoique ce soit, ce qui n'a pas manque de faire chuter la production a un niveau proche de zero. Resultat, aujourd'hui la plupart des pays limitrophes ont une economie florissante, due en grande partie a l'exode des fermiers du Zimbabwe qui sont repartis de zero dans des endroits ou ils ont ete acceuillis a bras ouverts ,alors que la situation au Zimbabwe est au bord de l'implosion. De quoi faire pas mal cogiter sur la complexite du probleme de l'Afrique post-coloniale.
Autre point commun que j'ai trouve avec la Birmanie, mais qui doit surement pouvoir etre constate dans d'autres regimes totalitaires : les "fausses" elections. Lorsque vous etes dictateur (Mugabe ne se considere surement pas comme tel mais bon...) et que vous avez besoin de renforcer votre pouvoir et d'affaiblir vos adversaires, la meilleure methode est en effet d'organiser des elections "democratiques". Laissez vos opposants se manifester, passer a la tele, identifiez les leaders, localisez les zones sensibles, puis une fois le resultat des elections obtenu, deux possibilites : vous etes gagnant (tres peu probable si les elections ne sont pas completement truquees) et tout va bien pour vous, ou vous etes perdant et tout va bien aussi puisqu'il vous suffit alors d'organiser des raffles massives de tous les opposants maintenant connus, d'accentuer la presence militaire dans les zones sensibles, et vous etes tranquilles pour quelques annees sans gene de vos opposants...
Mais le Zimbabwe ce n'est pas qu'un pays en crise, c'est aussi un pays superbe, avec une vie sauvage extremement bien preservee dans le nord du pays. C'est donc dans cette region que je vais me rendre, mon point de depart sera Kariba ou je vais prendre contact avec un guide local pour qu'il m'emmene faire un safari en canoe sur le Zambeze.Nous partons donc tous les deux sur notre canoe pour 4 jours, avec une tente et une reserve de nourriture suffisante. Des le debut j'ai l'impression de rever eveille. Nous progressons tranquillement portes par le courant, les sens constamment en eveil, au milieu des hippopotames, crocodiles, elephants venant boire sur les rives et bien sur d'innombrables oiseaux qui apportent la touche finale au tableau. Je dois dire que je ne suis pas toujours tres a l'aise, car les hippopotames ont la reputation de ne pas etre tres commodes et d'aimer faire chavirer les petites embarcations qui leur passent trop pres. Le probleme c'est que une fois dans l'eau, vous avez interet a nager tres tres vite pour ne pas vous faire bouffer par un des crocodiles qui pullulent ici. Le guide me rassure en me disant que tant qu'on fait attention a passer suffisamment loin des hippopotames on ne craint rien, mais le probleme c'est que plusieurs fois on est tombe sur des individus isoles qui ont sorti la tete de l'eau a quelques metres a peine de notre ridicule embarcation. Dans ce cas la ils replongent tout de suite et pendant la minute qui suit on ne sait psa s'ils vont tout d'un coup surgir de sous le canoe ou s'il sont deja partis loin... un peu stressant parfois, mais cela ne fait qu'ajouter a la sensation d'etre en contact direct avec la nature.Je me souviens de certaines scenes ou j'avais un sentiment similaire a celui que j'ai pu avoir la premiere fois que j'ai vu jurrassic park (film par ailleurs plutot bidon), ou on voit pour la premiere fois les dinosaures petre dans une prairie. J'avais tout simplement l'impression d'avoir fait un saut dans le temps et de m'etre transpose a une epoque ou les animaux vivaient comme ca partout. Vraiment impressionnant et surtout tres beau.
Un jour que nous metons le pied a terre pour s'approcher d'un endroit ou beaucoup d'animaux viennent manger et boire, et ou par consequent les lions aiment bien chasser, je vois mon guide qui prend le fusil, ouvre sa sacoche, verifie quelque chose, puis repose le fusil et prend a la place une rame a la main. Je lui demande ce qu'il est en train de faire, et il m'avoue qu'il a oublie de charger le fusil, mais m'assure qu'il n'a jamais eu a s'en servir. Bon, on fera attention de pas trop s'approcher des lions quand meme.
Les nuits sont superbes aussi, on s'endort au son des ricanements des hippopotames (leur cri ressemble vraiment a un ricanement satanique), des barrissements des elephants, des hurlements des hyenes et des cris hysteriques des baboins. La premiere chose qu'on fait en se reveillant, c'est regarder les traces laissees durant la nuit sur le sable pour identifier quel genre de visiteurs on a eu pendant notre sommeil....
Bref, une experience inoubliable, qui sera en quelque sorte le bouquet final de mon voyage, puisque apres cela, retour au bercail ! pas pour longtemps en fait, apres une semaine passee a Saint Paul (France), j'ai un aller simple pour Sao Paolo (Bresil) d'ou je ne manquerai pas de voyager dans cet immense pays que je connais encore si peu...
Likoma Island (est Malawi) - arrivee le 28/07/06

Likoma est une petite ile dont le quasi seul contact avec le reste du monde se fait par l'intermediare du ferry Ilala qui passe deux fois par semaines, une fois en remontant le lac vers le nord, une fois en le redescendant. L'endroit est paradisiaque, paisible a un point incroyable avec des habitants adorables. L'ile est composee d'un reseau de six villages (si je me souviens bien) relies par des chemins et sentiers. La encore beaucoup de baobabs et de superbes plages, le tout anime par une vie de village tranquille, principalement ocupee par la peche et un peu d'agriculture. Au centre de l'ile trone une cathedrale (telle que nommee, mais elle a plutot la taille d'une eglise en fait), qui semble sortie d'on ne sait ou et fait la fierte la des habitants. Ce sera la plus longue de etape de tout mon voyage (mis a part Bangkok qui etait un peu une etape forcee), je vais y rester une semaine, le temps que le ferry revienne pour continuer vers le nord. Je vais beaucoup marcher dans l'ile, au point d'avoir mes habitudes de parcours, et de revoir assez souvent les memes personnes. Cela me fait penser que j'ai une bonne quinzaine de photos a imprimer et a envoyer, toutes avec la meme adresse a la boite postale pres, le probleme etant que je vais avoir du mal a retrouver les noms correspondant aux portraits...
Ensuite de Likoma je vais prendre le ferry jusqu' Nkhata Bay, puis tracer jusqu'a Harare (Zimbabwe), en passant par Mzuzu, Lilongwe, Blantyre, en retraversant le Mozambique par Tete, tout ca en trois jours trois nuits, les routes etant tres bonnes et les bus rapides au Malawi et au Zimbabwe.
Ma traversee du Malawi aura donc ete tres rapide, mais suffisante pour avoir une impression tres agreable de ce pays, ou le reggae est quasiment la musique officielle, ou les gens sont extremement serviables et amicaux, et pour couronner le tout ou les paysages sont superbes !
Metangula (nord ouest Mozambique) - arrivee le 27/07/06

Un grand village typiquement mozambicais et difficilement accessible, au bord d'un lac de la taille d'une mer, c'est la meilleure description que je pourrais donner de Metangula. Encore une fois je tombe en extase devant les baobabs, et je crois que c'est ici que je verrai les plus beaux specimens. J'ai meme essaye d'en escalader un pour prendre en photo un village avec un angle un peu meilleur et je me suis retrouve par terre, la cheville foulee, me sentant tres con d'avoir pris un tel risque sans avoir ete attentif a ce que je faisais dans un endroit aussi isole (j'avais l'appareil dans une main et je grimpais tout en pensant a la photo que j'allais faire... sur une ecorce aussi glissante cela ne pardonne pas). Bon, vous allez me prendre pour un cingle avec mes baobabs, mais pour moi c'est vraiment typique de l'Afrique (meme si j'ai vu sur internet qu'on en trouve aussi en Australie) et je trouve ces arbres tres expressifs, leur forme etant tellement differente d'un specimen a l'autre, on a parfois l'impression quand ils sont en groupe d'etre en face d'une vraie famille avec des individus bien disctincts.Pour changer des baobabs, j'ai aussi essaye de profiter de ces derniers jours au Mozambique pour etre au maximum en contact avec les locaux, j'ai donc passe pas mal de temps a deambuler, discuter avec un peu tout le monde et boire pas mal de bieres dans le troquet du coin. J'etais un apres-midi en train de marcher lorsque j'ai entendu de la musique et des chants (d'un style beaucoup plus festif que la ceremonie de magie noire de Ilha de Mozambique), je me suis bien entendu dirige vers la source et encore une fois je tombe sur une palissade me barrant le passage et la vue. Je passe donc innocemment la tete par dessus pour voir de quoi il s'agit, chose que j'ai regretee aussitot, puisque la musique et les chants se sont immediatement arretes, et que tout le monde est sorti pour me voir. Une vieille qui semblait etre la meneuse de la troupe m'explique en fait en rigolant que c'est une danse exclusivement reservee aux femmes et que par consequent je ne peux pas entrer. Toutes les filles sont hilares de voir qu'un garcon puisse ne pas etre au courant d'une regle aussi evidente, et reprennent rapidement leur repetition.
De Metangula, je prends le fery pour Likoma, petite ile du lac Malawi. Je passerai le trajet a discuter voyages et autres avec un francais ayant pas mal baroude, qui , et oui le monde est petit, va enseigner a Vence a la prochaine rentree.
Pemba (nord est Mozambique) - arrivee le 22/07/06

Le vol Beira-Nampula faisait bizarrement une escale a Pemba, qui est pourtant plus eloignee de Beira que Nampula ne l'est, et alors que je ne n'avait pas prevu d'aller a Pemba, j'ai rapidement decide que ce serait ma prochaine destination en voyant la ville depuis l'avion. C'etait tout simplement superbe. A part un centre en "dur", la plus grande surface de la ville est recouverte par des cases aux toits de chaume, bordee de plages de sables blanc mettant en valeur le bleu magnifique de la mer, et parsemee d'enormes baobabs qui poussent comme de la mauvaise herbe ici.
Je vais passer quatre jours superbes, au guidon d'un tres vieux velo loue dans le village voisin du camping et qui necesitera environs deux reparations par jour, en general effectuees genereusement par des locaux me voyant galerer, ou a paresser sur de superbes plages, alternant baignades et lectures au soleil (qui en cette saison est juste chaud ce qu'il faut pour se sentir confortable). Bref, apres avoir passe les trois dernieres semaines a courir pour aller d'un endroit a l'autre sans trop m'attarder (et oui, je commence a sentir serieusement la fin de mon voyage, j'ai les l'impression que les jours sont comptes, c'est terrible, meme si je suis impatient dans le meme temps d'aller demarer une nouvelle aventure au bresil...), je decide de calmer un peu le jeu et de me reposer tranquillement. Il faut preciser que les trajets en transports publics au Mozambique sont probablement les plus fatiguants que j'ai pu faire depuis le debut (on m'aurait dit que je trouverai pire que la Birmanie je ne l'aurais pas cru...). Le transport le plus repandu se fait sur la benne d'un camion, ou sont entasses une trentaine de personnes et leurs bagages (sans compter les sacs de marchandises...), a ciel ouvert, sur des routes goudronnees mais avec autant de nids de poule que de goudron (ce qui est bien pire que des routes en terre), a une vitesse moyenne de 30 km/h, ce qui fait que je me suis deja retrouve a faire des trajets de 10 heures dans une position tellement inconfortable que je n'aurais pas pense pouvoir tenir plus de 20 minutes, sans meme pouvoir me degourdir les jambes quand le camion s'arete car tout espace vide est immediatement comble... Sans compter que les mozambiquais adorent acheter des poules sur la route, ce qui fait que parfois je me retrouvais avec des poules quasiment sous le nez, qui se mettaient parfois soudainement a se debatre violemment pour echapper a la prise de leur proprietaire... A part ces "chapas" comme ils sont appeles la-bas, il est aussi possible de voyager en bus si vous vous levez tres tot le matin (depart vers quattre heures en general, mais pour avoir un siege il vaut mieux arriver deux bonnes heures avant...), et il est preferable d'avoir une place assise sinon vous risquez de vous retrouver a faire de la contortion pour avoir une prise permettant de garder un certain equilibre au milieu de la foule compacte qui ne manque pas de peupler le peu d'espace libre en dehors des sieges, ce qui s'avere vite epuisant apres quelques heures de trajet.
Encore une fois afin de gagner du temps, j'achete un billet d'avion Nampula-Litchinga pour pouvoir me rendre a Metangula, au bord du Lac Niassa (qui s'appelle lac Malawi cote Malawi...), afin de prendre un ferry qui m'amenera sur l'ile Likoma...

28 août 2006

Ilha de Mozambique (nord est Mozambique) - arrivee le 18/07/06

Apres avoir craque pour un billet d'avion de Beira a Nampula (qui me fait quand meme economiser 3 jours et trois nuits de deplacements compte tenu de l'etat de la route entre les deux villes...), je prend un bus des le lendemain matin de mon arrivee a Nampula pour me rendre a Ilha de Mozambique, magnifique petite ile completement decalee, a mi chemin entre ville fantome (de part l'etat des batiments) et village africain (de part l'ambiance joyeuse). L'architecture est principalement de style colonial portuguais, mais on trouve aussi des batiments datant de l'epoque arabe de l'ile, et si la plupart des batiments de culte sont des mosquees (la majeure partie des habitants etant musulmans), on trouve meme un temple hindu. La journee, l'ile entiere ressemble a une cour de recreation geante, le nombre d'enfants presents ici est vraiment impressionnant, je vous laisse imaginer l'animation dans les rues... La nuit tombante, on peut trouver des marches tres animes ou l'on peut trouver les quelques specialites locales, souvent agrementees de quelques grains de sable croquant sous la dent. C'est un vrai petit paradis pour les gens aimant marcher, avec en particulier le pont de trois kilometres reliant l'ile au continent, qui offre une vue magnifique sur l'ile et permet d'observer l'activite incessante des pecheurs et ramasseurs de coquillages.Je dormirai les deux premieres nuits sur l'ile, puis une nuit sur la cote en face, au bord d'une plage magnifique. Le soir, alors que je viens juste de me coucher, je commence a entendre des percussions et des chants venant non loin de la. Apres avoir hesite car je suis epuise par les marches de la journee, je me decide a me lever pour aller voir de quoi il s'agit. Je me dirige au son des tambours dans une obscurite quasi totale, pour finalement arriver a l'endroit ou se deroule la ceremonie. Je suis surpris de constater que cela se passe dans une sorte d'enclos, a l'abris des regards, et lorsque je m'approche pour voir ce qu'il se passe a travers la cloture en bambous, des enfants arrivent en courant en me disant que je ne dois surtout pas regarder. Ils ne parlent quasiment pas portuguais aussi la communication est plutot difficile et j'ai du mal a comprendre de quel type de ceremonie il s'agit. Je sens tout de meme une sorte d'electricite dans l'air, due en grande partie aux rythmiques hypnotiques et aux chants pleins d'intensite. Lorsque je vois sortir en courant une femme hyterique dansant, criant et pleurant je comprends que j'assiste a une sorte de magie noire. Un adolescent arrive ensuite et parvient a m'expliquer qu'il s'agit d'une espece d'exorcisme, et me repete que je ne dois surtout pas m'approcher car cela pourrait etre dangereux pour moi. Apres etre reste la deux bonnes heures a ecouter et a discuter avec les jeunes du village (trop jeunes pour assister a la ceremonie), je rentre finalement me coucher et m'endort au son des percussions, ravi d'avoir vecu un moment aussi rare.
Beira (est Mozambique) - arrivee le 16/07/06

Je me suis beaucoup balade dans cette ville qui, etant un carrefour commercial important grace a son port, est une ville tres vivante tout en gardant une atmosphere tres detendue. J'ai passe quelques jours a errer dans son immense marche, a discuter avec un peu tout le monde, a marcher des kilometres sur ses immenses plages ou j'ai pu croiser beaucoup de pecheurs, et a tres bien manger dans ses restaurants nombreux et varies. A part ca rien de tres particulier...
Tofo / Inhambane / Vilanculos - arrivee le 14/07/06

Je ne me suis pas beaucoup attarde a Tofo et ses immenses plages magnifiques, car l'ambiance est trop touristique a mon gout, l'interaction avec la population est quasiment nulle et a part de la plongee a des tarifs exorbitants, il n'y a pas grand chose a faire. Tout pres, se trouve Inhambane, charmante et paisible petite ville a l'architecture coloniale, ou je vais passer deux jours tranquilles a me relaxer et me balader.De la, depart pour Vilanculos, plus au nord. Sur la route, je suis ravi de voir mon premier baobab, espece dont je vais tout de suite tomber amoureux, au point d'en recolter des graines pour essayer d'en faire pousser au Bresil...
Vilanculos est une petite ville au contraste assez etrange, ou un tourisme de grand luxe (Vilanculos est le point d'entree pour l'archipel Bazaruto) cotoie une ambiance de village avec ses hutes traditionnelles et sa vie principalement orientee vers la peche. En me promenant un matin sur les sentiers traversant les villages, je suis surpris de constater que les habitants ratissent le sol autour des hutes de maniere extremement attentionnee, au point ou je suis parfois gene de laisser mon empreinte sur un sable a la proprete parfaite et ou se dessinent des traces de rateau tres "zen". Apres avoir passe quelques mois en Asie ou dans beaucoup d'endroits la notion meme de poubelle semble etre totalement inconnue, je suis vraiment surpris de constater que la proprete puisse etre quelque chose d'autant pris en consideration ici (d'une maniere generale dans les pays africains que j'ai pu visiter). Qu'est ce qui peut bien expliquer une telle difference culturelle ? Ce n'est que bien plus tard, au Zimbabwe, que quelqu'un m'apportera une reponse surprenante a cette question...
Maputo (sud Mozambique) - arrivee le 11/07/06

Le contraste avec l'Afrique du Sud est saisissant : les gens sont detendus, joyeux, le contact est facile, la langue est vivante (proche du portuguais du Bresil) et il regne une atmosphere de fete permanente. Je vais d'ailleurs passer quelques soirees tres animees avec un francais habitant sur place et au courant de tous les bons plans, a ecouter d'excellents groupes de jazz ou a decouvrir la gastronomie locale dans des petits restaurants.
J'en profite pour commencer a m'exercer au portuguais et je suis agreablement surpris de constater que cela vient assez vite. Je commence un regime a base de noix de cajou, qui s'achetent au kilo dans les marches et ne coutent quasiment rien.
Bref, pour un debut dans un nouveau pays, j'ai un excellent feeling et je suis impatient d'en decouvrir le reste...
Durban (est Afrique du Sud) - arrivee le 09/07/06

Apres le Lesotho, retour en Afrique du sud, direction Durban, grande ville cosmopolite a l'atmosphere beaucoup plus detendue qu'a Johannesburg. Je passerai ici quelques jours le temps de prendre un bus m'amenant au Mozambique, a me ballader (car on peut se deplacer a pied a Durban, meme si j'ai prefere ne pas prendre mon appareil photo), a visiter quelques bars et a passer une nuit dans le gros club techno local.
A part ca rien de tres particulier, j'etais surtout presse d'arriver au Mozambique...

24 août 2006

Malealea (Lesotho) - arrivee le 03/07/06

Me voici enfin arrive au Lesotho, petit pays enclave au milieu de l'Afrique du sud, avec pour programme un trek en poney. Le pays est tres montagneux, il a meme pour particularite d'avoir le point le plus bas le plus haut du monde (1400 m d'altitude), et la plus grande partie du pays s'eleve a plus de 2000 metres. En arrivant a Malealea, j'apprends que par chance trois personnes arrivent le soir meme pour faire un trek de plusieurs jours, je vais donc pouvoir me joindre a eux. Je pars donc des le lendemain avec deux hollandais et un sud africain, tres sympas, pour une viree de trois jours au coeur de montagnes, de villages isoles et de la fort accueillante population qui les habitent. Autant vous dire qu'il vaut mieux avoir confiance dans sa monture, puisque c'est souvent au bord de falaises de plusieurs centaines de metres sur des sentiers caillouteux que nous allons progresser. Les animaux en question sont en fait des petits chevaux, robustes et habitues a de longs trajets dans cet environnement, puisque en dehors de la marche c'est le seul moyen de locomotion de beaucoup d'habitants ici, de nombreuses regions etant tres isolees et non accessibles par route. Je n'etais personnellement pas tres a l'aise, car peu de temps apres etre partis, dans une descente tres raide, mon poney a soudainement trebuche, penche fortement en avant et s'est carrement pose sur les genous des pattes de devant. J'ai failli passer par dessus sa tete et devaler la pente, autant dire qu'apres ca j'etais un peu stresse. Cela s'est reproduit a trois reprises le premier jour, et l'explication detendue du guide comme quoi soit disant la bete etait fatiguee et s'endormait en marchant ne m'a absolument pas rassure... Il a finalement verifie le soir meme et a pu constate qu'un des fers etait mal place, ce qui faisait trebucher le poney. Peut -etre que ce dernier a fini par s'y habituer, puisque les autres jours il marchera d'un pas assure sans jamais glisser.Le trek sera une experience superbe, les paysages grandioses, les nuits etoilees les plus belles que je n'ai jamais vu, et la population locale tres sympa. Rien a voir avec les tensions perceptibles en Afrique du Sud, ici les gens vivent simplement et en harmonie avec leur environnement. Tout n'est pas rose, bien au contraire, un tiers de la population est seropositive, dans chaque village on enterre plusieurs personnes par semaine mortes du sida, c'est une realite de la vie de tous les jours que les gens acceptent faute d'alternative. Ce qui est dingue est que cela n'est absolument pas visible pour un etranger comme moi ne faisant que passer. La reponse a ce paradoxe est bete et mechante : on ne voit pas de gens malades car ils meurent tres rapidement des la declaration de la maladie, faute de traitement.
A ce sujet, pour revenir a l'Afrique du Sud, pays moderne et developpe en comparaison avec ses voisins, j'ai ete stupefait d'apprendre qu'un cinquieme de la population adulte y etait seropositive. Si on ne considere que les femmes enceintes, la proportion grimpe a 30% (en effet, l'echantillon ne contenant forcement que des femmes sexuellement actives, les chances qu'elles soient seropositives augmentent fortement..). Chose encore plus dingue, j'ai pu lire dans le journal quand j'etais la-bas qu'un des ministres en place (je me demande meme si ce n'etait pas le ministre de la sante, a verifier) a declare qu'apres avoir couche avec une femme seropositive, il etait alle se laver immediatement, ce qui lui avait permis de ne pas etre contamine...
Bloemfontein (centre Afrique du Sud) - arrivee le 30/06/06

Petite ville tranquille et sans grand interet, Bloemfontein etait censee n'etre qu'une etape de 24 heures maximum nécessaire pour atteindre le Lesotho. J'y suis finalement reste trois ou quatre jours, bien malgre moi je dois dire. Je suis en effet arrive la veille d'un jour de fete nationale, tous les bus etaient donc complets jusque trois jours plus tard. J'aurais meme pu rester bloque trois jours de plus a cause du proprietaire du "backpacker's lodge" dans lequel j'etais, qui en plus d'etre atteint de mythomanie aggravee, s'averait etre gay et se sentait seul dans son endroit peu frequente. Il passait son temps a raconter qu'il etait milliardaire, que la moitie de la ville lui appartenait et qu'il n'etait la que quelques jours le temps de trouver un nouveau manager pour son lodge. Cela ne me derangeait pas plus que ca, d'autant plus que je lui ai vite fait comprendre qu'il n'avait aucune chance avec moi et que a part ses serieux ploblemes mentaux, il etait tres marrant et faisait un bon compagnon de beuverie (je vais encore passer pour un alcoolique...). Les choses se sont par contre compliquees quand j'ai realise qu'il ne m'avait jamais achete le ticket de bus comme prevu lors de mon arrivee. En effet, la veille au soir du depart, il est arrive tres emeche et m'a annonce que le bus du lendemain etait annule. Je decidai donc de me rendre le lendemain matin le plus tot possible a la gare routiere pour trouver un autre bus. En arrivant la-bas, le representant de la compagnie de bus m'explique que le bus est bien parti comme prevu le matin meme, qu'aucun ticket n'avait jamais ete achete pour moi et que le prochain bus ne quittait la ville que trois jours plus tard et etait d'ailleurs deja complet. Fou de rage, je decide d'aller prendre mes affaires immediatement et de chercher une guesthouse le temps de trouver un autre moyen de me rendre au Lesotho. Alors que je marche sur le chemin du retour, je vois gare dans une rue un bus avec ecrit en gros sur son aile "Lesotho". Reprenant espoir, je decide de tenter ma chance et demande au chauffeur s'il se rend bien au Lesotho et s'il y a par hasard un siege de libre pour moi, en lui assurant que je suis pret a lui payer un bon prix (je voulais quitter cette ville de degeneres au plus vite). Il est donc alle chercher le responsable, qui m'explique qu'il n'y a pas de probleme, que je n'ai rien a payer, mais qu'ils ne savent quand 'ils vont quitter la ville, car ils doivent donner un concert de Gospel au theatre de la ville mais ne savent pas a quelle heure ils doivent passer. Il me propose donc de repasser vers 14h30 pour etre sur de partir avec eux. J'ai juste le temps de repasser au lodge, heureusement le psychopate de service n'etait pas la car je ne sait pas comment notre discussion aurait termine vu mon etat d'enervement, et me voila de retour un peu avant l'heure convenue, avec mon sac a dos et heureux d'avoir eu autant de chance. Lorsque j'arrive dans la rue ou tous les bus sont alignes (ils venaient de toute l'afrique du sud pour ce rassemblement de chorales de gospel), je decouvre avec stupeur que mon bus n'est plus la. Faisant tout pour garder mon calme, je me dis que la meilleure chose a faire est d'attendre, et que peut-etre par miracle un autre bus se rendant au Lesotho va finir par arriver. Une heure plus tard, le bus que j'avais vu le matin revient, mais je ne me detend vraiment que lorsque l'on m'indique le siege que je vais occuper et que je met mon sac dans la soute. Je vais finalement passer un excellent apres-midi a assister a toutes les representations d'un evenement apparemment d'ampleur nationale, toutes les chorales du pays se reunissant ce jour la, bien decidees a montrer de quoi leur province ou ville natale etait capable. Ce qui etait d'autant mieux, c'est qu'ils ne chantaient pas seulement du gospel, mais aussi beaucoup de chants traditionnels, avec musiciens, danses, etc.
Le plus etonnant peut-etre etait que j'etais le seul blanc dans une salle ou se trouvait plusieurs centaines de personnes, le seul autre que j'ai pu voir etait le pianiste d'une des chorales. Encore un exemple de la vie post-apartheid sud-africaine. Les noirs et les blancs habitent dans les memes villes, frequentent plus ou moins les memes endroits, mais semblent eviter toute mixite culturelle ou affective (je n'ai vu quasiment aucun couple mixte tout le temps de ma presence a Jo'burg ou Bloemfontein, et seulement quelques uns a Durban, reputee pourtant beaucoup plus "cool"). En tous cas je ne me suis senti a aucun moment mal a l'aise, au contraire les gens etaient plutot amicaux avec moi, et j'ai passe un excellent moment, a tel point que me suis surpris a remercier interieurement l'autre cingle de m'avoir fait rate mon bus.
Le trajet en bus jusqu'a Maseru (capitale du Lesotho) sera lui aussi assez genial, puisque a peine partis, tout le monde s'est mis debout dans l'allee centrale et a commence a danser sur de la musique a fond la caisse. Une vraie discotheque ambulante, qui se deplacait d'ailleurs a grande vitesse, puisque de ma place je pouvais voir que le compteur affichait dans chaque ligne droite un bon 140 km/h, vitesse dont je n'aurais meme pas imagine un bus de cette taille capable. Pas tres rassure, mais en meme temps le moral au plus haut, la joie et la bonne humeur des autres passagers etant contagieuse, je realise enfin que je suis en Afrique.
Johannesburg (nord Afrique du sud) - arrivee le 27/06/06

L'arrivee a Johannesburg est plutot desagreable, puisque en plus du froid intense (temperatures negatives la nuit) qui me fera acheter rapidement des chaussettes de laine, un bonnet et meme des gants, on m'a repete au moins dix fois des les premieres heures arrive la-bas que la ville est tres dangereuse, que je ne dois surtout pas marcher seul dans le centre, evidemment ne jamais me deplacer a pied la nuit, et que en gros bien que les taxis soient hors de prix, c'est a peu pres le seul moyen de locomotion enviseageable. C'est un vrai choc apres ces quelques mois passes en Asie ou je ne me suis jamais senti inquiete physiquement et ou la sensation de liberte etait tres forte. D'autant plus que la ville est tres moderne, j'ai l'impression d'etre retourne en Europe, ce qui ne correspond absolument pas a mon desir de decouverte.
Bon, j'en profite quand meme pour me faire une cure d'entrecotes-frites accompagnees de vin rouge, histoire de compenser avec le regime indien quasi-vegetarien, et je visite surtout l'excellent musee de l'apartheid, qui me permet en quelques heures de combler mon ignorance a ce sujet, mais surtout de comprendre un peu mieux les tensions quasi omnipresentes ici. Car j'ai vraiment ete surpris de constater que les relations interraciales demeurent tres difficiles, et que les choses sont loin d'aller pour le mieux. Le racisme est tres repandu, et meme si je l'ai personnellement constate surtout chez les sud-africains blancs (qui n'hesitent pas a l'exprimer de maniere ouverte d'ailleurs), il est apparemment aussi tres developpe chez les noirs, bien que je soupconne que ce soit davantage une haine resultant d'un passe plutot sanglant que du vrai racisme. En effet, j'ai pu constater qu'a mon egard (et oui je suis blanc) les sud africains noirs manifestaient en general tout d'abord soit une froideur volontaire soit au contraire une marque de respect un peu hypocrite, qui se transformait tout a coup en sympathie curieuse lorsque mon interlocuteur comprenait que je n'etais pas sud-africain. D'ou ma conclusion (tout a fait subjective et hative) que les sud-africains noirs n'ont rien contre les blancs en general, mais que nombreux sont ceux qui ont une dent contre les sud-africains blancs, alors que de la part des blancs j'ai pu etre le temoin de vraies manifestations de racisme. L'exemple le plus flagrant que je peux vous donner, mais qui n'est pas un cas isole, est le suivant. J'etais au sud du Mozambique, dans un endroit frequente par pas mal de sud africains, en train de faire du stop. Un pick-up s'arrete, deux sud-africains blancs a l'avant et un a l'arriere a l'exterieur avec lequel je m'installe. Apres quelques secondes de conversation , il me demande comment je voyage d'habitude, je lui repond qu'en general j'utilise les bus locaux. Voici sa reponse : "Mon pauvre, ca doit vraiment puer !" Nous sommes restes silencieux le reste du trajet.Au sujet de la violence, j'ai rencontre un francais plus tard qui a fait l'experience de ce que cela peut donner. Cela faisait quelques heures qu'il etait arrive de France a Johannesburg, et il se trouvait a la gare de bus, cherchant un moyen de quitter la ville pour rejoindre le Mozambique. Les alentours de la gare routiere sont reputes dangereux, et il est ecrit dans tous les guides qu'il faut absolument eviter d'en sortir a pied. Il decide malgre tout de traverser la rue pour aller s'acheter une bouteille de lait au marche qui fait face a la gare routiere. Apres avoir paye, il se retourne et a tout juste le temps de voir quelqu'un s'avancer vers lui avec un couteau de boucher a la main. Deux autres le saisissent par les epaules et un quatrieme lui fait les poches, arrache son appareil photo, puis les quatre s'en vont et le laissent au milieu d'une foule qui lui manifeste son desarroi mais qui n'a pas pour autant bouge d'un centimetre pour lui venir en aide.
Voila un peu le climat de Jo'burg, et je dois dire que j'ai hate de quitter cette ville ou les clotures electrifiees et les fusils a pompes pourraient etre utilises comme emblemes tant ils sont presents. Prochaine destination : le Lesotho, avec une etape a Bloemfontein pour changer de bus...

Mysore (sud-ouest Inde) - arrivee le 09/06/06

Pas beaucoup de choses dire de notre deuxieme etape a Mysore, sauf que cette fois nous avons pris le temps de visiter le somptueux palais royal et de nous ballader un peu plus dans la ville. Le dernier soir nous nous prenons une bonne cuite a la Kingfisher strong, sur une superbe terrasse surplombant une place tres animee, et tentons de profiter un maximum de la vie frenetique qui anime les villes indiennes avant la fin de notre sejour en Inde.
Sur le chemin du retour a l'hotel, nous essayons la chique au betel (que je trouve moins bonne que celle de birmanie, c'est pour dire..., j'avais l'impression de macher de la mousse a raser) et achetons un disque dont j'avais vu dans le journal qu'il provoquait a l'ecoute des cas de folie chez certaines personnes sensibles (qui doivent vraiment etre tres sensibles parce que je n'ai pas vu de difference fondamentale avec les productions commerciales les plus courantes...).
Avec le recul, je crois que cette marche de vingt minutes dans un etat d'ebriete avance au milieu de ce capharnaum geant a ete un des meilleurs moments que j'ai pu passer en Inde et que c'est cette profusion de bruit, d'activite et de vie qui en fait un pays si particulier et qui m'aura en tous cas le plus marque.
De Mysore, train jusqu'a Bengalore, puis avion pour Bombay, direction Paris pour Raph, Johannesburg pour moi, en esperant ne pas faire une betise de quitter ce pays qui pourrait meriter six mois de voyage a lui seul, mais trop curieux pour rentrer chez moi sans avoir vu l'Afrique...

19 août 2006

Mudumalai / Bandipur (sud-ouest Inde) - arrivee le 07/06/06

C'est seulement en arrivant a la frontiere separant l'etat du Karnataka de celui du Tamil Nadu que nous comprenons quelle est la difference entre le parc national de Bandipur et celui de Mudumalai : il s'agit en fait d'un seul et meme parc, qui porte simplement un nom different d'un cote et de l'autre de la frontiere. Nous avions beaucoup hesite car on nous avait recommande d'aller au Mudumalai, mais en arivant a Mysore (Karnataka), les seules informations que nous avons pu recolter concernaient Bandipur... Nous avons finalement opte pour Mudumalai, sans avoir vraiment d'idee de ce a quoi nous devions nous attendre, mais impatients de se retrouver au contact de la nature et des animaux.
A peine arrives, nous trouvons un guide avec lequel nous nous mettons d'accord, et prenons rendez-vous pour tot le lendemain matin. En attendant, nous profitons du cadre magnifique de la guesthouse dans lequel nous logeons : les chambres donnent directement sur la riviere traversant le parc, nous sommes entoures de singes, oiseaux et autres evoluant dans leur milieu naturel. Je decide de profiter du calme ambiant pour faire un petite sieste, et ne juge pas utile de fermer la porte de la chambre malgre la presence de nombreux singes alentours. Je prends quand meme la precaution de fermer hermetiquement un sac rempli de patisseries et de le placer a l'autre bout de la chambre, en me disant que les singes n'oseraient surement pas entrer et passer juste a cote de moi pour aller piquer les gateaux. Je suis bientot reveille par un bruit de sac plastique qu'on est en train de trifouiller, et j'ai la surprise en ouvrant les yeux de voir qu'un singe se tient juste a cote de moi en train de me surveiller, pendant que l'autre est dehors en train de vider le sac ! Ils decampent en courant face aux insultes que je ne manque pas de leur crier, mais en ayant tout de meme siffle toutes les patisseries achetees a Mysore. Ca m'apprendra a les sous-estimer.
Le lendemain matin, depart pour une ascension plutot physique, qui faute de nous permettre de voir beaucoup d'animaux, se deroule dans un cadre magnifique aux paysages varies. Apres avoir progresse dans une foret assez dense, nous debouchons sur une vallee decoupee en parcelles de cultures se declinant dans tous les tons de vert, au centre de laquelle se trouve un superbe village dont toutes les maisons ont les murs d'un blanc eclatant, les volet et portes etant quant a eux peints de couleurs vives. Je m'etonne de voir qu'un village aussi isole puisse etre aussi bien entretenu, et le guide m'explique que tout le village est repeint chaque annee l'occasion d'une fete traditionnelle, ce qui ne diminue en rien mon etonnement... Apres avoir gravi le sommet de la montagne qui nous offrira une vue magnifique sur le parc national, nous redescendons et faisons une halte bien meritee dans une cantine traditionnelle, ou je serai impressione par les precautions d'hygiene utilisees (surtout en comparaison avec des endroits equivalents en Birmanie...), comme par exemple le fait d'utiliser de l'eau bouillante pour rincer les verres et les tasses.
Le lendemain matin nous voila repartis pour une marche sur du plat cette fois-ci, a la recherche d'animaux que nous finirons par ne pas trouver, mis a part un face a face impresionnant avec un bison au regard pas comode qui nous a fixe pendant une bonne minute avant de deguerpir. Malgre le ruisseau nous separant de lui, je dois avouer que je me sentais plutot vulnerable face a une bete de cette masse dont je n'ai aucune idee du comportement potentiel...
C'est finalement en voiture sur le chemin du retour puis en bus (la route traverse le parc) que nous aurons la chance de voir des elephants, mais le moment n'a pas ete vraiment magique pour moi, le contexte de la route et des voitures passant a quelques metres gachant un peu le cote vie sauvage.
Hampi (centre-ouest Inde) - arrivee le 02/06/06

Magnifique ! L'endroit est superbe, imaginez une vallee a la vegetation luxuriante, peuplee de rochers enormes dont les rondeurs ne font qu'amplifier l'harmonie que degage l'ensemble, et traversee par une riviere dont l'eau cristaline reflete le soleil au point de vous eblouir. Ajoutez a cela un village dont la moitie des habitations est en fait constituee de temples vieux de plusieurs milliers d'annees, domine par une une tour tout droit sortie d'un reve, puis encore quelques centaines de temples plus ou moins caches aux alentours, des singes appartenant a deux especes differentes se baladant un peu partout, le tout degageant une ambiance vraiment mystique, et vous aurez l'impression fabuleuse d'etre au milieu du decor d'un film du style "Les jardins d'Eden". L'effet est renforce par le fait que nous sommes hors saison touristique (et que meme en saison le tourisme semble n'etre encore pas trop envahissant), ce qui permet vraiment de s'imaginer decouvrir un univers encore inconu.Nous passerons donc cinq jours ici, en dehors du temps, a jouer les explorateurs en crapahutant dans les temples, a parresser sur des terrasses au bord de la riviere en siroptant un bangh lassi pour mieux s'impregner de l'atmosphere, a sympathiser avec un petit mendiant handicape ou avec le patron adorable d'un restaurant, a ecouter en boucle les "ohm shiva ohm shiva" d'un disque achete a Calcutta, ou encore a dire bonjour et serrer des mains aux nombreux pelerins indiens peu habitues a rencontrer des etrangers.Cerise sur le gateau, le climat etait parfait, la temperature a peu pres constante d'une vingtaine de degres, quelques petites pluies seulement, juste ce qu'il faut de nuages pour mettre en valeur les apparitions du soleil et nous faire apprecier sa presence.
Bref, que du bohneur !

18 août 2006


Goa (ouest Inde) - arrivee le 30/05/06

Durant le long trajet en train, nous sympathisons un peu avec une charmante famille (qui partagera avec nous son repas de midi) et nous prenons surtout conscience de l'ampleur de la mousson : il pleut des trombes d'eau sans discontinuer, et nous commencons a nous poser serieusement des questions quant au deroulement de notre sejour en Inde.... Arrives a la gare de goa, nous prenons la dure decision d'acheter un billet pour le lendemain matin, pour etre certains de ne pas perdre trop de temps bloques dans un endroit comme Goa sous la pluie (la plage sous la pluie rien de tel pour deprimer), le train suivant pour Hampi etant trois jours plus tard.
On a du mal a trouver un hotel, car la mousson ayant debute les jours precedents a ete plutot violente, plus d'electricite sur toute la cote, la plupart des hotels fermes et un paysage un peu desole, ambiance fin du monde. On est donc bien content d'avoir un billet de train pour le lendemain matin, et apres une ballade sur la plage entre deux averses, on dine aux chandelles dans le restaurant de l'hotel avant notre seule nuit a Goa, en esperant fort que le temps soit plus clement dans les terres.

27 juin 2006

Bombay (ouest Inde) - arrivee le 27/05/06

L'arrivee a Bombay est un peu stressante, puisque je dois retrouver Raph a l'aeroport international, mais que j'ai completement oublie de noter le vol, la compagnie et meme l'heure exacte d'arrivee... En arrivant la-bas, je me retrouve en train de faire la navette entre les differentes portes d'arrivee, tout en essayant de glaner quelques informations ca et la (les panneaux d'affichage ne sont la apparemment qu'a titre decoratif...). C'est finalement en attendant un vol Air France ayant une heure de retard, que je vois arriver Raph qui volait avec Air India. Bon, disons qu'on a eu de la chance...
La encore le trajet de l'aeroport au centre nous en apprend pas mal sur la ville : une succession de bidonvilles et de gens dormant dans la rue, de ruelles etroites et tortueuses, puis tout a coup on se retrouve dans une ville europeenne typique, avec ses beaux batiments, ses larges avenues bordees d'arbres et son air propre et sain. Raph m'apprend en effet que tous les taxis roulent au gaz et que les trishaws, qui sont apparement de gros pollueurs, sont bannis du centre ville.
Habitue aux chambres miteuses et aux dortoirs, j'apprecie beaucoup le confort de l'hotel dans lequel nous debarquons, et plus encore la bouteille de bon vin descendue le soir de notre arrivee (que Maud avait pris soin de glisser dans le sac de Raph...). Le contraste avec Calcutta est saisisant, a tel point que j'ai l'impression de me trouver dans un quartier chic de Londre une nuit d'ete, et tout en appreciant ce confort, j'ai hate de retrouver un peu d'exotisme et d'animation.
Apres avoir decide de notre prochaine destination, nous passons deux jours a nous balader, decouvrir la gastronomie indienne, et a profiter des joies de l'interaction avec la population locale, surtout pour Raph, qui apprend progressivement a rejeter toutes les sollicitations abusives du type mendicite agressive, vente par epuisement de l'acheteur potentiel et tentatives d'arnaques dont nous sommes les cibles. Les indiens sont en effet adorables et communiquent volontiers, mais pour beaucoup tous les moyens sont bons pour soutirer un peu d'argent aux touristes et les negociations incessantes sans lesquelles le prix du sejour peut facilement etre multiplie par cinq peuvent parfois devenir un peu fatiguantes a la longue. Le tout est donc de prendre les choses avec humour pour ne pas s'enerver, tout en restant ferme.
Nous voila donc partis pour Goa, qui sera une courte etape dans notre trajet pour atteindre Hampi, alors que la mousson commence a se faire sentir.

Calcutta (est Inde) - arrivee le 24/05/06

A peine sorti de l'aeroport, je me retrouve immerge dans un monde dont l'equilibre parait etre sur le point de rompre a chaque instant. En effet, durant l'heure de trajet necessaire pour atteindre le centre ville (que j'effectue a l'arriere d'un trishaw), j'ai droit a l'Inde dans toute sa folie : bruit total et constant, circulation totalement anarchique, enfants venant mendier a chaque feu, foule omnipresente et menant une activite frenetique, tout cela dans un air dont la pollution est a peine imaginable sans l'avoir respiree. Apres les premieres minutes d'adaptation difficiles, je commence a me detendre et a apprecier progressivement cette sensation d'etre au coeur d'une fourmiliere humaine, grouillante de vie et d'energie.
Lorsque je remarque les enormes enceintes a l'arriere du trishaw et que je complimente le chauffeur a ce sujet, celui-ci parait ravi et "fait peter" de la techno indienne a fond la caisse, ce qui a pour effet de rajouter une couche a la folie ambiante tout en me permettant d'une certaine maniere de me detacher un peu de cet environnement chaotique, de l'observer plus que de le subir.
Car je dois avouer que j'ai vite adopte une attitude de detachement face a toute la pauvrete, la mendicite et la misere constamment visibles a Calcutta. J'ai d'ailleurs remarque qu'on peut classer beaucoup d'etrangers restant a Calcutta pour un certain temps dans deux categories (en caricaturant) : les "meres theresa" et les "hipies".
Les premiers viennent faire ce qu'on pourrait appeller du tourisme caritatif, principalement du benevolat dans des orphelinats ou hopitaux, et les seconds sont souvent des jeunes un peu paumes qui echouent la apres avoir traverse l'inde et pas mal abuse de substances psychotropes. Ceci pour dire que face a la realite visible ici, on est oblige de se blinder, a moins de disjoncter totalement ou alors de faire le choix de donner de sa personne (Mere Theresa y est restee toute sa vie !).
A part ca, j'ai ete etonne de ne voir quasiment aucun signe de l'Inde "moderne". Dans tous les quartiers que j'ai visites a pieds, j'ai vu a peu pres le meme schema : immeubles tombant en ruines, pollution extreme, trottoirs servant de dortoirs la nuit, vehicules tres vieux, rues defoncees et innondees par temps de pluie. Apres Yangon, je m'attendais a sentir d'une maniere ou d'une autre les effets de la croissance economique indienne, mais il faut croire que ce n'est pas encore arrive jusqu'ici...
Malgre cela, j'ai pu apprecie certains elements de confort apres un mois de Birmanie, j'ai en particulier ete ravi de pouvoir lire des journeaux en anglais, d'avoir des connexions internet correctes (quand meme un signe de modernite...), et surtout de pouvoir changer de regime alimentaire, d'autant plus que la cuisine indienne est delicieuse.
J'ai par contre pas mal souffert de la chaleur, surtout les deux premiers jours, il faisait 45 degres a l'exterieur et 40 degres ... dans ma chambre ! en effet, c'etait une piece rajoutee en haut d'un immeuble et dont le toit etait en tole ondulee. En gros apres deux minutes passes a l'interieur, je commencais a degouliner de sueur. J'ai finalement craque le deuxieme jour et paye le double pour la seule chambre de libre dont la temperature etait supportable.
Une autre chose qui fait pour moi partie integrante de l'atmosphere surrelle qui reigne a Calcutta, c'est la presence d'une foule de corbeaux. Encore plus nombreux que les pigeons a Paris, ils sont constamment a l'affut de nourriture, aussi bien morte que vivante (j'ai ete le temoin de l'attaque d'un chiot par une meute de corbeaux qui l'encerclaient et lui donnaient des coups de becs a tour de role, probablement jusqu'a l'epuisement...) qu'ils se disputent avec les chiens errants (qui prennent litteralement le controle de la ville la nuit). J'ai aussi pu voir une espece de chevre geante avec une tete bombee que je n'avais jamais vue avant (dont je ne soupconnais meme pas l'existence en fait...). Bref, impossible de s'ennuyer ici, les sens sont constamment sollicicites, parfois jusqu'a saturation.
Apres cette introduction a l'Inde plutot violente mais quasiment aussi passionnante que si j'avais visite une autre planete, je m'envole pour Bombay ou je dois retrouver Raph qui arrive quelques heures apres moi.

06 juin 2006

Bagan (centre Birmanie) - arrivee le 18/05/06

Lorsque je m'installe dans le train qui doit me conduire de nuit jusqu'a Bagan, je m'attend a un voyage plutot calme et reposant en comparaison avec les dix heures de bus sur routes defoncees que j'ai passees plus tot dans la journee, d'autant plus que les sieges de premiere classe, a defaut d'etre confortables (en bois recouvert de skai...), s'averent tres spacieux et permettent une position confortable.
Losque le train se decide finalement a partir apres deux bonnes heures d'attente interminable dans la gare, je suis trempe de sueur, epuise par la chaleur et je me rejouis de l'air frais qui commence a entrer par les fenetres grandes ouvertes. Mais nous sommes a peine sortis de gare que je commence a realiser que le voyage ne va pas etre de tout repos. La suspension des wagons doit a voir un bon demi-siecle de vie, car elle ne se contente pas d'absorber les chocs, mais plutot de les repercuter en rebonds incessants avec une amplitude tres forte. C'est assez comique de voir tout les passagers du wagon qui decollent et ratterissent au rythme des oscillations verticales. Des que le train prend un peu de vitesse, (ce qu'il fait assez rarement heureusement), ces balancements verticaux se transforment en mouvements lateraux, et le roulis balade maintenant tout le monde de droite a gauche, avec une telle amplitude que je me demande serieusement quel est l'angle limite avant que le train ne "decroche". Tout les bagages sont vite par terre, et j'accroche tant bien que mal mon sac a dos qui pourrait facilement assomer quelqu'un. Je finis par m'endormir, pour me reveiller avec un mal de mer insuportable alors que le train est arrete en rase campagne. J'ai juste a passer la tete par la fenetre pour rendre mon repas, ce que je m'empresse de faire, tout en realisant avec surprise que c'est la premiere fois que j'ai le mal de mer... Un birman vient tout de suite me preter assistance, il me fait un massage des epaules alors que je suis encore penche par la fenetre qui me procure immediatement une sensation de bien-etre et je vais tout de suite beaucoup mieux. Apres avoir bu une boisson sucree qu'un autre de mes voisins m'a offerte, je me rendors comme un loire pour me reveiller seulement le lendemain matin en gare d'arrivee.
A Bagan, je me passe mon temps a me ballader en velo au milieu des 3000 temples dissemines sur une plaine semi-desertique. Je m'attendais a trouver ici des cohortes de touristes, mais l'atmosphere est etrangement calme et j'ai souvent l'impression de me promener au milieu des ruines d'une civilisation extra-terrestre. C'est aussi ici que j'ai ete invite a diner dans l'endroit le plus "rustique" dans lequel je n'etais jamais alle, puisque la cabane sur pilotis se trouvait au-dessus de la couche des cochons ! autant dire que c'est assez special de manger tout en pouvant apercevoir a travers les trous du plancher les porcs eux aussi en train de diner... sans parler des bruits et des odeurs, pas toujours tres apetissants.
Pour finir mon sejour en Birmanie, je me suis pose deux jours sur une plage sur la cote ouest, ou j'ai eu la mauvaise surprise de constater qu'un cyclone etait passe par la quelques jours plus tot. Malgre cela, l'endroit, tres prise de la bougeoisie birmane, etait plutot anime et a peine arrive je me suis retrouve en train de descendre des bouteilles de whisky local sur la plage avec des birmans... j'ai passe le reste de mon temps a bouquiner "Burmese days" de George Orwell, excellent livre dont l'histoire se deroule a Katha (voir plus bas...).

Hsipaw (est Birmanie) - arrrivee le 12/05/06

Comme de coutume en Birmanie, le trajet pour se rendre d'un point a un autre pourrait constituer un but en lui-meme, car il offre souvent un spectacle passionnant, celui d'une tranche de vie a la birmane, sans la mise en scene souvent reservee au tourisme.
Laissez moi donc vous decrire un trajet typique en bus. Le bus, tout d'abord, est en general vieux de quelques decennies, ce qui ne l'empeche pas d'avoir un aspect robuste plutot securisant accentue par les enormes roues tout terrain et le chassis sureleve. A l'interieur, les sieges sont accroches tres haut, ce qui permet de charger dessous une bonne couche de cartons sur toute la surface du plancher. La place pour les jambes s'en trouve fortement diminuee, et en general j'avais les genoux au niveau de menton pendant la plupart de mes deplacements. Dans le dernier tiers arriere du bus, il n'y a carrement pas de sieges, la place etant reservee aux chargements plus volumineux que les cartons... qui occupent egalement l'allee centrale. Aucun centimetre carre n'est donc perdu, et meme le volume entre le siege du chauffeur et la porte d'entree du bus est utilise, puisque viennent s'y entasser tant bien que mal tous les passagers "courte distance". En effet, en plus de couvrir le trajet officiel entre deux villes assez eloignees, le bus fait aussi office de bus local, puisque n'importe qui au bord de la route peut faire signe pour qu'il s'arrete et descendre 500 metres plus loin.
Voila pourquoi un bus peut mettre dix heures pour faire 100 kilometres... sans oublier qu'il faut aussi decharger toutes les marchandises, le bus se transforme alors en camion de livraison, passant d'un magasin a l'autre pour apporter les commandes. En ajoutant a cela le risque d'avoir la route bloquee par un camion retourne ou tout simplement en panne, et il faut en gros prevoir une bonne journee pour une distance couvrable en une heure dans nos contrees...
Particulier aussi, le nombre de vendeurs ambulants le long des routes qui arrivent en courant, un plateau sur la tete, des qu'un bus s'arrete quelques instants. Ils se mettent alors a crier alors de maniere repetitive en presentant leurs mets sous les fenetres jusqu'au dernier moment, en esperant que quelqu'un se decide finalement a acheter quelque chose. Il faut dire que les birmans mangent beaucoup et souvent (tant qu'ils en ont les moyens bien entendu), et ils n'hestitent pas a acheter quelque chose a grignoter des que l'occasion se presente.
Arrive a Hsipaw, je me renseigne tout de suite sur les possibilites pour me rendre a Nahmsan, petit village perdu en pleine montagne. On me dit que peut-etre un bus passera le lendemain, il faut que j'attende sur la route a partir de six heures du matin. A midi, toujours pas de bus, et on finit par me dire qu'en raison du mauvais temps (il pleut des trombes d'eau depuis 2 jours), la route est probablement bloquee. A ma question de savoir s'il y a des chances pour que la route soit degagee le lendemain, on me repond de maniere enimagtique "Peut-etre demain ou dans une semaine...". Sachant que le probleme risque d'etre le meme au retour, je me resigne a rester a Hsipaw, en me promettant que la prochaine que je viens en birmanie je commencerai par me rendre a Nahmsan.
A Hsipaw, je rencontre un francais qui etait la depuis quelques jours et qui voulait lui aussi initialement se rendre a Nahmsan. On decide de partir pour un petit trek ensemble, apres avoir convaincu le reponsable de la guesthouse qu'on n'avait pas besoin de guide. On aura quand-meme du attendre une journee de plus, afin qu'il se renseigne sur la situation militaire de la zone dans laquelle nous devions nous rendre.
On arrive au village apres 5 heures de marche a bon rythme, et on commence par en faire le tour tranquillement, tant pour visiter que pour essayer de trouver un endroit pour dormir. Je suis surpris de constater que beaucoup d'enfants (les plus jeunes) fondent en larmes ou s'enfuient en courant des qu'ils nous apercoivent. Les plus ages sont plus a l'aise et nous lancent des "hellos" a tout-va. On est bientot encercle de petites tetes curieuses et amicales, mais pas d'adultes, qui doivent probablement encore etre dans les champs a cette heure-ci. On rencontre finalement une femme tres souriante et tres timide a qui lorsque on lui fait le signe "dormir" nous repond par le signe "ma maison". Nous la suivons donc, et nous nous retrouvons donc dans la maison ou elle vit avec son mari et ses deux enfants, maison qui s'averera en fait etre le troquet du village. En fin d'apres-midi, les hommes commencent a defiler, pour boire une eau de vie locale et fumer des cigarettes (qu'ils fument avec une pipe a eau !), mais aussi pour miser sur le numero qui leur apportera peut-etre fortune, a un jeu apparement importe de thailande qui remporte ici un franc succes. Le principe est le suivant : dans un petit livre contenant une liste de centaines d'images associees a des numeros, il faut retrouver l'image se rapprochant le plus possible d'un reve fait la veille et miser sur le numero correspondant, ce qui peut rapporter jusqu'a 700 fois la mise.
Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises : alors que nous sommes dans ce petit village tres isole ou les gens semblent vivre comme nous vivions au moyen age, a 20 heures precises, nos hotes sortent pour allumer un groupe electrogene qui sert a allimenter en courant... un systeme de karaoke ! bientot tout le village se presente, rassemble au son des deux grosses baffles utilisees au maximum de leurs capacites. Tout le monde s'assoie devant l'ecran apres s'etre acquite d'un petit droit d'entree, et ceux qui le veulent commencent a chanter chacun leur tour des tubes birmans accompagnes de clips bien kitchs (ceux-la doivent par contre payer un peu plus... la patronne a le sens du commerce...). Meme les moines viennent s'encanailler et fumer quelques cigarettes avant de s'endormir au milieu de la salle.
En montant me coucher, j'ecrase malencontreusement une poule qui dormait dans l'escalier et son cri surgi de l'obscurite me provoque une belle frayeur... Le tapis en bambou pose a meme le plancher qui devra me servir de lit est apparement lui aussi pas mal aprecie des poules puisque je dois virer quelques unes de leur chiures avant de m'allonger...
Nous sommes reveilles vers quatre heures par le coq qui se trouve dans la piece a cote et dont les cris sont bentot relayes par les hennissements ds chevaux de l'etable juste en dessous qui ont l'air affames.
Apres un bon petit dejeuner et une vaine tentative de donner quelque chose a nos hotes pour la nuit et les repas, nous redenscendons ravis de cette etonnante viree.

Mandalay (centre-nord Birmanie) - arrivee le 10/05/06

En arrivant a Mandalay, un des quatres grands poles touristiques de Birmanie (les trois autres sont Yangon, Inle Lake et Bagan), je m'installe dans un hotel plutot confortable pour me reposer un peu apres ces dix jours aussi passionants qu'extenuants.
Je loue un velo , et malgre son etat pas tres engageant, je me decide a partir un matin pour rejoindre Amlapura, site historique pas vraiment interressant en soi (je n'ai meme pas trouve les ruines portant ce nom en fait), mais qui se trouve a proximite d'un magnifique lac traverse par le plus long pont en tek du monde (1,5 km). L'endroit est superbe, et mes efforts pour amener le velo jusqu'ici sur une route defoncee et poussiereuse sous une chaleur ecrasante en me faisant doubler sans cesse par des camions et bus surcharges crachants des nuages de fumee noire s'averent amplement recompenses.
Je passe quelques heures a observer le defile incessant des villageois et des moines (ces derniers sont plusieurs miliers a habiter dans les environs) empruntant le pont a pied ou a velo et a me promener dans les environs pour observer la vie paisible menee ici.
Les deux jours suivants seront passes a flaner en ville, a visiter paresseusement quelques pagodes (a ce stade, je commence a saturer serieusement des pagodes, qui pullululent literallement en Birmanie, y compris en pleine campagne, ou il est d'ailleurs toujours surprennant au milieu de petits villages composes de cabannes en bambous de voir troner fierement une pagode de dix metres de haut entierement recouverte d'or...) mais aussi a experimenter la conduite de nuit d'un velo dans des rues innondees de 20 cm d'eau, sans eclairage public, avec un parapluie dans une main pour tenter de proteger un maximum des trombes d'eau mon sac contenant a peu pres tout ce qui ne doit surtout pas etre mouille, tout en gerant une circulation plutot chaotique et en essayant de retrouver ma route... j'etais hilare et quelques conducteurs de tricycles que j'ai croise ont vraiment du me prendre pour un fou en me voyant rigoler tout seul dans une situation qu'ils n'avaient pas l'air de trouver particulierement drole !
Sur un plan plus social, j'ai rencontre une institutrice avec qui j'ai longuement discute, qui m'a raconte un peu son histoire et decrit les conditions dans lesquelles elle enseigne, et je dois dire que j'ai ete impressione par sa force de caractere et sa determination a aider les enfants a avoir un minimum d'education. Elle a passe son enfance dans la rue, son pere etant decede et sa mere ne pouvant travailler pendant de nombreuses annees a la suite d'un accident (pas de protection sociale evidemment en Birmanie...). Malgre cela elle a toujours garde la motivation d'aller a l'ecole, ce qu'elle a pu faire de maniere intermittente durant son adolescence, puis de prendre des cours d'anglais, ce qu'elle fait toujours grace a une association. Ses journees sont donc aujourd'hui partagees entre les cours qu'elle donne aux enfants des rues (elle a une classe de 120 eleves, qui doit regulierement fermer des que trop d'enfants tombent malades, par crainte d'epidemie...) auquels elle tente difficilement d'apprendre a lire et a ecrire, et son etude intensive de la langue anglaise, qu'elle parle extremement bien. Petite annecdote, il lui a fallu cinq ans d'economie pour acheter son velo, et elle a bien cru qu'elle n'y arriverait jamais, car a chaque fois qu'elle retournait au magasin avec la somme correspondant au prix qu'elle avait vu precedemment, celui-ci avait quasimment double, ce qui l'obilgeait a economiser de nouveau une annee de plus... et ainsi de suite jusqu'a ce que l'inflation se stabilise un peu.
A propos de monnaie, il semble que les generaux qui dirigent le pays ne se soucient pas trop de politique economique, puisqu'ils ont recemment multiplie du jour au lendemain par trente (ou cinquante, les informations ne sont pas tres precises) le salaire de tous les fonctionnaires du pays, ceci en emmettant tout simplement de nouvelles devises. L'inflation a donc explose, puisque tous ces nouveaux riches en ont profite pour consommer sans retenue, et le taux de conversion du kyat en dollars est passe de 900 a 1400 kyats pour 1 dollar en quelques mois. Il faut savoir que le systeme de paiement est assez folklorique, la plus grosse coupure etant de 1000 kyats et aucun paiement par carte bancaire ou autre n'etant possible, mise a part la plupart des hotels qui ont des tarifs en dollars et qu'on peut donc payer dans ces coupures. En arrivant a Yangon, j'ai donc du changer 200 dollars, pour lesquels j'ai obtenu 200 billets de 1000 kyats et 160 billets de 500 kyats... autant dire qu'un portefeuille ne suffit pas, il faut carrement un sac a dos pour transporter tout ca. Le change se fait evidemment au marche noir, car au taux gouvernemental (propose a l'aeroport par exemple), on obtient seulement 450 kyats pour 1 dollar !!!


29 mai 2006

Shwebo (Nord Birmanie) - arrivee le 08/05/06

Vingt-quatre heures de ferry... cela me semblait enorme vu la distance a parcourir (moins de 200 km), mais j'ai vite compris pourquoi cela prenait autant de temps : en realite, apres avoir navigue quelques heures en fin d'apres-midi, le ferry s'arrette tout simplement pour passer la nuit.
En achetant le ticket, je me suis laisse convaincre par l'agent du bureau d'acheter un billet en cabine au lieu du billet ordinaire qui ne donne meme pas le droit a un siege (c'est aussi en voyant la foule sur le bateau arrivant que je me suis decide pour la cabine, qui me permettait d'avoir un espace vital un peu plus grand...), malgre une difference de prix enorme.
Une fois parti, je regrette mon choix car sur le pont superieur, non couvert, il y a beaucoup de place et le petit vent frais de la riviere est bien plus agreable que l'air chaud que distille le mini ventilateur de la cabine.
Une fois le bateau arrete pour la nuit, je m'installe donc a la belle etoile sur le pont, rageant d'avoir depense autant pour une cabine que je n'utilise pas (surtout une fois le bateau arrete, plus d'electricite donc plus de ventilateur, la chaleur est intenable dans la cabine). Mais la beaute du ciel etoile et la petite brise fraiche me font font vite oublier et je tombe rapidement dans un sommeil profond.

Je suis reveille en sursaut a deux heures du matin par un eclair qui eclate juste au dessus de ma tete (c'est l'impression que j'ai eue en tous cas...) et j'ai juste le temps de me precipiter dans la cabine avant que des trombes d'eau ne s'abattent sur le pont. Finalement je suis bien content d'avoir un lit et un espace a moi, car sur les ponts couverts, je vois difficilement comment j'aurais pu trouver une place entre les marchandises et tous les gens serres les uns contres les autres.
En tant qu'etranger, j'ai eu le droit a tous les honneurs, puisque j'ai ete invite a picoler dans les quartiers du capitaine avec le chef ingenieur et le chef de la securite les deux soirs de la traversee. Au menu, biere et rhum, avec quelques amuses gueules pour faire passer, le tout en regardant des feuilletons birmans style "amour gloire et beaute" sur un ecran sony avec le son a fond.
Le deuxieme soir j'ai essaye de pas etre trop bourre, car apres le ferry j'avais encore une heure de trajet par la route pour arriver a Shwebo, de nuit, et meme si ce n'est pas moi qui conduisait, je voulais au moins etre capable de mettre mon sac a dos sur le toit sans me casser la figure.
Le trajet en question a ete plutot violent, le pick-up etait surcharge, j'etais assis sur des sacs de legumes, et oblige de me tenir recroquville au maximum pour ne pas m'exploser la tete sur la structure metallique du toit lorsque le pick up decollait en franchissant un pont un peu vite. Je m'en suis quand meme sorti avec deux ou trois bonnes bosses sur le crane et des crampes aux bras a force de m'accrocher pour decoller le moins possible.

A Shwebo rien de tres particulier, mis a part un marche tres anime dans lequel je me suis retrouve en train de jouer a un jeu ou les des sont remplaces par des coquillages. Les montants mises etaient plutot faibles pour moi donc je me suis vite prete au jeu, mais quand un des jeunes avec qui je jouait m'a dit en rigollant que si la police passait ils allaient nous arrreter, je decide d'ecourter la partie et de continuer ma promenade.


Katha (Nord Birmanie) - arrivee le 04/05/06

Les sept heures du trajet en bateau sont finalement passees assez vite, j'ai partage mon temps entre admirer un paysage superbe et discuter avec mon voisin de derriere, un moine hyper sympathique. Tres cultive aussi, je dois dire que j'ai ete impressionne lorsqu'il m'a demande si la Seine etait aussi propre que l'Ayeryawadi (la riviere sur laquelle on naviguait) ou lorsqu'il m'a parle de livres ecris par des auteurs francais dont je n'avais jamais entendu le nom...
A Katha, pas d'hotel moderne comme celui de Bhamo, je loge dans une chambre dans laquelle tient tout juste une petite couche, et la douche commune consiste en un grand bac d'eau dans lequel on rempli une petite ecuelle qu'on se verse sur la tete... cela en evitant de marcher sur les cafards qui vous tournent autour... tres rustique mais cela ne m'a pas empeche de bien dormir.
Le lendemain, je suis invite a visiter le monastere, et je passe la matinee a discuter avec les moines, qui montrent un grand interet a mon egard puisqu'ils m'expliquent que c'est la premiere fois qu'un etranger penetre ici. Il faut dire que le monastere est a une bonne heure de marche de la ville et je n'aurais jamais eu l'idee de m'y rendre par moi-meme. Je dejeune ensuite dans une petite maison proche du monastere, ou on a prepare un repas pantagruellique en mon honneur. Je retourne en ville apres des au-revoirs un peu difficiles avec les moines, mais on se promet de rester en contact (ils doivent se rendre a Mandalay le mois prochain ou ils pourront ouvrir un email).
En fin d'apres-midi le ferry que je dois prendre pour naviguer vers Shwebo arrive et je me prepare a passer 24 heures a son bord...

Bhamo (Nord Birmanie) - arrivee le 01/05/06

C'est a bord d'un bus baptise "Chelsea FC" (marque en ennorme sur les ailes) que je passe les 8 heures de trajet pour Bhamo. Le conducteur/propriaitaire est un personage un peu dejante mais tres sympathique, et je discute pas mal avec lui pendant le trajet. J'ai entre autres essaye de le convaincre de lever un peu le pied dans les virages sans visibilite qu'il prend a la corde, mais sans succes... A propos de conduite, petite originalite birmane, les volants sont a droite, mais la conduite se fait elle aussi a droite (apparement cela a change du jour au lendemain pour une question d'astrologie...), pour doubler les camions ce n'est donc pas toujours evident, et les chauffeurs de bus sont assistes par quelqu'un qui reste debout du cote gauche, passant la tete par la porte du bus pour signaler d'eventuels vehicules arrivant en face. Je suis en tous cas epate par les capacites tout terrain du bus "made in china", capable de gravir des pentes boueuses tres raides ou franchir des petites rivieres sans trop de difficultes.
Le chauffeur va aussi me surprendre lorsqu'il se met a critiquer ouvertement l'armee et le gouvernement devant les passagers, chose plutot rare en Birmanie ou ce genre de manifestation en public est passible d'emprisonnement. Les passagers sont tres genes, et une femme me fait un signe pour m'expliquer qu'il est fou, mais apparemment cela le fait rigoler et il en remet meme une couche.
Arrive a Bhamo, je suis etonne de me retrouver dans un hotel plutot moderne compte tenu de l'isolement de la ville, mais on m'explique que la frontiere chinoise n'est pas loin et qu'il y a donc pas mal de marchands qui se rendent ici.
C'est une petite ville tranquille ou la encore la riviere est tres presente, et je passe pas mal de temps a me ballader sur les berges. Pas si tranquille que ca en fait, puisque j'ai ete reveille a trois heures du matin par le brouhaha venant de la rue en raison de la mise en place du marche. J'ai halucine lorsque j'ai constate qu'il y avait quasiment autant de monde dehors qu'en pleine journee. On m'expliquera ensuite que le marche commence tres tot car il n'y a pas d'emplacements reserves, donc c'est a celui qui arrivera en premier...
Sur le port, je rencontre un birman avec qui je discute assez longuement de la situation de son pays et qui lui aussi va se mettre a critiquer ouvertement le regime en place. Il me montre les cicatrices qui entourent ses poignets et m'explique qu'il les a "gagnees" lors d'une manifestation pro-democratie au cours de laquel il a ete arrette puis suspendu au plafond par les menottes pendant une journee entiere, sans boire ni manger.
Il finit par me demander si je peux l'aider a sortir du pays et a aller parler a la BBC pour mobiliser la communaute internationale... je dois lui expliquer que je n'ai absolument aucune idee de comment je pourrais m'y prendre...
A des nombreuses reprises j'aurai par la suite ce genre de conversations avec des birmans, et je dois dire que c'est la seule maniere pour un touriste de se rendre compte de cette realite. Toutes les zones sensibles du pays sont interdites d'acces aux etrangers, par consequent il serait facile de penser que la situation n'est "pas si terrible que ca" en voyageant en Birmanie sans trop chercher a communiquer avec les autochtones.
J'embarque finalement sur un "speed boat" qui doit m'ammener a Katha, toujours plus au sud.

Myitkyinia (Nord Birmanie) - arrivee le 29/04/06

Petite ville du nord de la Birmanie, Myitkyinia est la destination la plus eloignee de Yangon qui soit encore accessible aux etrangers sans autorisation particuliere. Plus au nord, il y a Putao, qui est est la porte d'entree d'une des regions les plus isolees de la planete, la partie birmane de la chaine de l'hymalaya (ce qui en fait une destination de reve pour des treks pouvant durer jusqu'a plusieurs semaines), malheureusement le delai pour obtenir le permis de s'y rendre est de deux ou trois semaines, ce qui n'est pas compatible avec mon calendrier... une prochaine fois peut-etre.
La vie tres paisible des habitants s'organise principalement autour de deux poles, le marche et la riviere, l'Ayeryarwadi. C'est au bord de cette derniere que je passerai le plus de temps, sur la terrasse naturellement ventilee d'un restaurant qui la surplombe, a m'impregner du calme et de la simplicite qui reignent ici, un sourire jusqu'aux oreilles tant je me sens detendu et relaxe. Les enfants passent leurs journees a jouer dans l'eau autour des epaves qui jonchent les berges, les femmes discutent en lavant leur linge, de temps en temps une barque vient decharger quelques marchandises, et en fin de journee nombreux sont ceux qui viennent se laver dans la riviere. Les tables autour de moi sont utilisees principalement pour boire des bieres puis faire la sieste et je dois reveiller le serveur quand j'ai envie de commander quelque chose...
C'est ici que je commence a realiser a quel point l'hospitalite et la gentillesse sont des traits communs du caractere birman. Je passe mon temps a discuter avec des gens dans la rue, et alors que je suis apparement le seul etranger dans la ville, je ne me sens absolument pas seul. Un tailleur que je rencontre au marche m'invite a diner chez lui le soir meme, dans un petit village a l'ecart du centre. Immersion totale, la maison est en bambou, le sol en terre, un seul lit pour lui, sa femme et ses deux filles, l'eau est puisee dans un puit et la cuisine preparee dans le jardin sur un four en terre. Le neon qui sert d'eclairage est alimente par une batterie de camion et de nombreux insectes de toutes formes et tailles viennent s'y cogner. Il m'offre en aperitif du rhum local, que je fais passer avec du the (je lui ai explique qu'il etait trop risque pour moi de boire l'eau du puit...), et on a le droit a une mangue du jardin comme amuse-gueule (elles sont mangees vertes, avec du sel et du piment, tres bon). Le diner qui suit sera tres simple mais tres bon. Sur le chemin du retour, nous nous arretons dans une sorte de fete foraine, ou la quasi totalite des atractions (mise a part une "grande roue" de cinq metres de haut maximum) est composee de jeux de hasard assez simples, ou les jeunes jouent leur argent de poche en criant pour essayer d'influencer la trajectoire de la boule ou les rebonds des des. J'essaie pour la premiere fois de macher du betel, et n'ayant pas vraiment apprecie le gout ni la douleur provoquee au niveau de mes dents, je decide que ce sera la derniere. Les birmans sont des gros consommateurs de cette chique, environs deux hommes sur trois je pense (et tres peu de femmes par contre), et quand on ne connait pas, c'est assez effrayant de voir pour la premiere fois quelqu'un cracher un gros jet de sang dans la rue (qui n'est bien sur pas du sang, mais qui en a vraiment l'apparence). Tous les bar et restaurants sont equipes de crachoirs, et je peux vous assurer que je n'aimerais pas etre a la place de celui qui est charge de les collecter, vider et nettoyer en fin de journee... Au debut, j'etais un peu degoute je dois l'admettre par les sourires "sanglants", mais je m'y suis vite fait et cela ne me gache plus l'effet du sourire en lui meme.
Les femmes birmanes, faute de macher du betel, ont pour particularite de se maquiller avec du Tanaka, sorte de poudre blanche melangee avec de l'eau qui fait aussi offfice d'ecran solaire et de creme protectrice. La plupart l'appliquent sur les pomettes et parfois sur le nez de maniere assez rudimentaire, mais il m'est arrive d'en voir maquillees avec des motifs beaucoup plus travaillies. Les femmes qui travaillent comme ouvrieres dans le batiment ou a l'entretien des routes (etonnement nombreuses) ont quant a elles le visage qui en est entierement recouvert, et je me suis surpris a leur trouver une certaine beaute, ce masque blanc accentuant ennormement l'intensite de leur regard.
Pour me rendre a Bhamo, ville plus au sud le long de la riviere, je comptais utiliser un bateau, malheureusement nous sommes en fin de saison chaude et la riviere n'est pas assez profonde par endroits, ce qui rend la navigation imposible pour relier ces deux villes.

25 mai 2006

Yangon (Birmanie) - arrivee le 26/04/06

Mon premier jour a Yangon m'a donne un sacre avant gout de ce que j'allais vivre durant les quatre semaines suivantes dans ce magnifique pays. Une fois installe a l'hotel, je decide de commencer tout de suite ma visite de la ville. Je commence donc a marcher au hasard comme j'ai pris l'habitude de faire, et je debouche bientot sur une grande avenue plutot animee. La circulation est d'un calme surprenant en comparaison avec Bangkok, ici beaucoup moins de voitures, et beaucoup plus de velos et des mobylettes qui se deplacent de maniere tres fluide en raison de la largeur plus que suffisante de l'avenue. C'est sur les trottoirs, a l'ombre des arbres (la ville est tres verte), que la vie bat son plein. Les teashops, vendeurs de rues et etals proposant des nourritures diverses et variees se succedent, et les gens sont nombreux assis sur de minuscules tabourets en plastique (environs 10 cm de haut) assortis a des tables presque aussi petites, tranquillement en train de boire un the, discuter ou manger.
Mais ce qui est frappant, c'est le regard qu'ont les gens sur moi,qui me donne au vraiment au debut l'impression d'etre un extra terrestre. Il est vrai qu'il y a peu de touristes, en fait mis a part dans certains quartiers, j'ai souvent l'impression d'etre le seul etranger a me promener, ce qui explique l'attention que me portent les habitants.
Mais beaucoup ne se contentent pas de me devisager ou de me dire bonjour, et je decouvre vite a quel point ils adorent communiquer avec les etrangers. Des le premier soir, je me retrouve a boire des bieres avec trois birmans avides d'en savoir un maximum sur mon pays. C'est ce qui est formidable ici, et ce sera une constante tout au long de mon voyage, la gentillesse des gens et leur motivation a echanger des connaissances, se lier d'amitie, et tout faire pour que mon sejour se passe pour le mieux. Ainsi je serai quasiment tous les jours invite soit a diner, a boire un verre, ou simplement a discuter, et mis a part a Yangon ou mes tournees de biere etaient facilement acceptees, il etait ailleurs quasiment impossible de payer quoique ce soit aux gens qui m'avaient recu ou emmene au restaurant.Le lendemain j'ai visite la Shwedagon Paya, vraiment impressionante, c'est une stupa (batiment en forme de cloche) de 98m de haut entierement recouverte d'or (10 tonnes !...), et entouree de nombreuses pagodes, elles aussi pour la plupart en or. Le lieu est assez magique, surtout a la tombee de la nuit, et apres m'etre assis un moment pour observer tranquillement, je me suis vraiment cru en train d'halluciner tant l'atmosphere etait ireelle, la lumiere saturee de dore, le calme des gens venant se receuillir, avec en bruit de fond les prieres et chants qui se melangent harmonieusement.
Le jour suivant, je rencontre un jeune qui me propose d'aller visiter un petit monastere de son quartier. Les moines sont ravis de m'accueuillir et nous faisons la conversation pendant deux bonnes heures, moi assis au milieu d'eux en train de repondre a toutes leurs questions, eclaires a la bougie dans le vieux monastere tout en bois. La encore un moment inoubliable.
Ensuite depart en avion pour Myitkytina, au nord de la Birmanie, ou doit commencer mon itineraire qui me fera traverser le pays, avec pour seule contrainte (et seul plan) d'etre de retour a Yangon le 24 mai pour voler vers Calcutta.

26 avril 2006

Bangkok (Thailande) - arrivee le 13/04/06

En arrivant a Bangkok, je pensais rester
une petite semaine tout au plus, le temps de faire mes visas pour L'Inde et la Birmanie et aussi de recevoir par la poste une nouvelle carte bancaire (j'ai malencontreusement perdue l'ancienne a Bali...), mais j'y suis finalement reste une dizaine de jours.
En effet, j'ai eu le droit au Songkran festival (decidemment, ils font la fete tout le temps en Asie...), qui a lieu a l'occasion du nouvel-an. Le principe : pendant trois jours et trois nuits, toute la ville est dans la rue et passe sont temps a s'asperger d'eau et se badigonner de poudre blanche (qui devient de la pate blanche une fois melangee a l'eau...). C'est une facon plutot originale de se souhaiter bonne annee et meilleurs voeux, et je dois dire que je me suis bien marre. Plutot reticent au debut et faisant tout pour eviter de me faire mouiller, j'ai fini comme tout le monde trempe de la tete aux pieds et entierement peint en blanc a deambuler pendant des heures sans but particulier, juste a ressentir l'euphorie ambiante.
Les plus actifs sont plutot jeunes en general, et cela va du genre "sadique", qui vous balance une bassine d'eau volontairement glacee dans le dos alors qu'il fait 35 degres ou vous tartine une bonne couche de pate blanche sur la figure, au genre "gentil" qui vous demande avant de vous appliquer delicatement sur chaque joue la fameuse pate en vous souhaitant bonne annee et avec un grand sourire.
En gros, pendant une semaine tout le monde etait en vacances, ce qui explique pourquoi mes demarches ont pris autant de temps.
A part ca, Bangkok est une ville tres vivante et apres l'avoir parcourue en long et en large, j'ai fini par m'y sentir presque chez moi. Loin du cliche salons de massages "hots" et gogo bars (qui sont concentres a proximite des quartiers d'affaires et grands hotels, soit dit en passant), c'est avec plaisir que j'ai decouvert une ville avec un fort caractere, ou les businessmen mangent dans la rue comme tout le monde, ou la vie nocturne bat son plein presque tous les soirs et ou les gens prennent encore le temps d'aller se receuillir devant la statue de leur roi qu'ils vennerent. A propos de nourriture, j'ai ete frappe de constater a quel point la cuisine pouvait etre bonne (produits tres frais et tres bien prepares), meme chez les plus modestes vendeurs de rue. Le contraste est saisissant, je me suis retrouve plusieurs fois assis sur des chaises en plastique literallement sur la chaussee (pas assez de place sur les troittoirs), au milieu des embouteillages, en train de respirer des gaz d'echappements a pleins poumons, tout en me delectant de fruits de mer ultra frais et grilles juste comme il faut...
Finalement en possession de ma carte (et donc de liquidites...) mais devant encore attendre quelques jours mes visas, je decide d'aller pendre un peu l'air a Koh Chang, une ile a la frontiere avec le cambodge, qui malgre un developpement forcene du tourisme concentre sur certaines zones, possede encore quelques endroits superbes, tres sauvages, genre hutes minimalistes sur plages desertes.... c'etait magnifique et je serais bien reste la quelques mois, mais je dois prendre un avion demain matin pour la Birmanie, donc retour a Bangkok pour une nuit.
Desole pas de photos de l'ile, j'ai oublie de prendre le cable pour charger les dernieres photos.
Je vais probablement avoir du mal a alimenter mon blog ces prochaines semaines car il parait qu'en Birmanie les connexions Internet sont vraiment catastrophiques... je vais y rester les 28 jous autorises par mon visa je pense, donc peut-etre pas beaucoup de nouvelles pendant cette periode.

16 avril 2006


Amed (est Bali, Indonesie) - Oga-Oga festival

Arrives a amed, nous nous dirigeons d'abord vers un hotel paraissant plutot sympa et recommende par les guides, mais devant le refus de negocier le prix de la chambre alors que l'hotel est vide, nous decidons de faire un tour voir si on trouve quelque chose de plus interressant. Sur la route, deux jeunes nous proposent un bungalow pas cher, on decide de jeter un coup d'oeil par curiosite, et la surprise, le bungalow est superbe, a 15 metre de la mer avec un jardin et une plage pour nous seuls, et cela pour une bouchee de pain !
On passe une semaine magnifique, a explorer les fonds sous-marins d'abord avec masques et tubas, puis nous faisons notre bapteme de plongee au cours duquel on a meme le droit a la visite d'une epave !
Le reste du temps, farniente, repos et lecture face a la mer.
Pas que farniente, puisque on a tout de meme droit a un festival un peu particulier, le Oga-Oga, qui consiste, pour le decrire simplement sans chercher trop loin, a faire defiler d'enormes statues faites d'une structure metallique assez complexe parfois et avec une enveloppe en platre, le tout peint dans des couleurs assez vives. Les statues representent les demons balinais, il y a la violence, la drogue, la pornographie, l'ecole (si j'ai bien compris ??, c'est un policier qui m'a explique) et autres. Les statues sont portees chacune par une vingtaine de jeunes qui courent et les font tourner dans tous les sens. Elles finissent brulees dans la foret.
Le lendemain, et c'est la ou les choses serieuses commencent, c'est le jour du Niupee (je ne suis pas sur du tout de l'orthographe), qui signifie selon l'explication d'un jeune "tres tres tranquille".
En fait c'est une journee tres contraignante pour tout le monde, puisque toute activite quelle quelle soit est strictement interdite ! Interdiction de se deplacer d'un point a un autre (que ce soit en voiture, moto ou meme a pied), d'utiliser l'electricite, de cuisiner, de manger, de boire de .... en gros, tout bali reste cloitre chez soi sans pouvoir faire quoique ce soit. Evidemment, personne ne peut verifier ce qu'ils font dans leur chambre, mais dehors, il y a des policiers responsables de faire respecter le couvre feu. La seule derogation pour les touristes, c'est que la plupart des restaurants des hotels cuisinent quand meme le midi.
Une journee d'un calme absolu, pas un seul bruit mis a part la mer, a tel point que le lendemain l'endroit parraissait presque bruyant avec les scooters passant sur la petite route a 50 metres.

Ce sera notre derniere etape a Bali, avant un bref passage a Kuta, puis un petit sejour de 2 jours a Singapour, lieu du depart de Mayara pour son retour.
En resumme, c'est un endroit vraiment paradisiaque avec des paysages magnifiques, des gens adorables qui vivent dans un monde encore bien different du notre, et je conseille a tout le monde d'y aller, malgre l'aspect negatif qui est un tourisme surdeveloppe (mais en perte de vitesse). Vous serez en tous cas les bienvenus !
Avec du recul, si je dois comparer a la Malaisie, je dirais que ce que j'ai beaucoup aime en Malaisie, c'est la sensation de ne pas etre percu comme un touriste mais plutot comme un etranger, c'est a dire que les malais, contrairement aux balinais, n'attendent pas quoique ce soit de nous, ils vivent leur vie et s'ils peuvent porter sur nous un regard curieux, il est tres rare qu'ils nous abordent d'eux meme, contrairement a Bali ou on est constamment sollicite. En contrepartie, ils sont aussi beaucoup moins aimables et chaleureux...

13 avril 2006

Sidemen (centre-est Bali, Indonesie) - arrivee le

Loin de l'activite touristique effrenee de Kuta ou Ubud, se trouve un petit village a flanc de coline, Sidemen, le long d'une des routes les plus belles de Bali, dans lequel on a decouvert un des plus superbes endroits qu'on ait vus de tout le voyage. Un hotel dont l'une des chambres, l'etage superieur d'une des maisons tout en bois, dispose d'une immense terrasse avec une vue magnifique sur le jardin, les rizieres de la valee et en toile de fond le Gunung Agung, le plus grand volcan de Bali.
Nous avons passe deux jours entiers sans quitter la terrasse, on se faisait apporter tous nos repas, et nous passions notre temps a regarder le paysage, en nous disant continuellement "mais qu'est-ce que c'est beau !". Bref, un pur moment de bonheur et de detente, de quoi reprendre des forces avant le troisieme jour.
En effet, fascine par le volcan omnipresent dans le tableau que je passais mon temps a admirer, je n'ai pas pu m'empecher d'en faire l'ascension. Mayara, etant un peu rebutee par le depart a 2 heures du matin (ce qui est comprehensible je l'admet...), preferera rester dormir a l'hotel.
Debout donc a 2 heures, c'est parti pour un trajet en moto assis derriere le guide, qui en profitera pour se faire plaisir sur les petites routes presque desertes a cette heure ci, ce qui finira par me reveiller comme il faut pour debuter l'ascension.
On part d'un temple a 900 m d'altitude pour arriver au sommet a 3000 m, ce qui fait une bonne petite montee, surtout qu'il n'y a pas vraiment de sentier qui zigzague comme chez nous, mais simplement une pente interminable qu'on gravit a la verticale en se frayant un passage au milieu des crevasses et des rochers (d'ou l'utilite du guide en pleine nuit...). Nous sommes arrives au sommet une heure et demie avant le lever du soleil, ce qui a nous laisse le temps de reprendre des forces pour la descente. La-haut, c'est absolument superbe, on voit tout le sud de Bali (qui parait encore plus petite de cette hauteur) et le soleil se leve derriere Lombok, une ile a l'est de Bali. L'ombre du volcan cree un effet d'optique assez etrange qui ajoute encore a la magie du moment.
Pendant la descente, on croise un groupe d'une vingtaine de personnes de tout age qui monte apporter des offrandes au Gunung Agung. La chevre et les oies seront jetees dans le cratere, et en retour les pelerins auront de l'eau benie d'un des lieux saints de Bali. Un d'eux m'explique qu'ils doivent receuillir de l'eau sainte de tous ces sites afin de preparer la grande ceremonie qui se prepare. Ils avancent tres lentement et mon guide estime qu'ils n'arrriveront pas la-haut avant midi, et qu'ils ne seront pas de retour en bas avant le coucher du soleil...
De notre cote, nous arrivons a l'hotel vers 10h, a la surprise de tout le monde, puisque normalement le retour est prevu vers 13h. Je suis epuise et lorsque je m'assois pour regarder le volcan depuis la terrasse, j'ai du mal a croire que j'etais la haut peu de temps auparavant, mais j'ai surtout une pensee pour le groupe de pelerins lorsque je vois les nuages noirs qui se massent autour du volcan et le grondement qu'on percoit jusqu'ici...
Anecdote tres etrange, la derniere eruption du volcan a eu lieu en 1967, et il se trouve que les premieres explosions ont commence pendant la ceremonie donnee en l'honneur du dieu du volcan, ceremonie qui a lieu tous les 100 ans... l'erruption a quand meme fait 1500 morts, et cela a ete un evennement marquant dans la vie de beaucoup de balinais, qui a probablement du pas mal stimuler leur ferveur religieuse.

Ubud (sud Bali, Indonesie) - arrrivee le 17/03/06

Ubud, capitale artistique et culturelle de Bali, est l'autre grand pole touristique apres Kuta. Ici, le tourisme est plus rafine, l'atmosphere plus sereine et les alentours de la ville magnifiques. Rizieres, petits villages, temples, spectacles, galeries, tout est reuni ici, ce qui en fait un endroit ou il est facile de rester une semaine ou plus. Un grand choix de tres bons restaurants et d'hotels charmants compose la cerise sur le gateau. Mais cela reste tres touristique et j'ai hate de reprendre la route pour trouver des endroits plus sauvages. Malgre cela notre sejour a Ubud fut riche en decouvertes, et nous avons pu aprehender un peu mieux la culture balinaise.
Le plus impressionant dans la vie de tous les jours des balinais, c'est la presence continuelle de leur religion et de leur culte. Toutes les maisons sont pourvues d'un petit temple et agencees selon des regles bien precises qui dictent l'orientation des batiments (un wahrung est compose de 4 ou 5 petites batisses), leur fonction et meme leur hauteur. Les femmes passent un temps considerables a preparer des petits paniers d'offrandes, qui sont deposes une ou deux fois par jour devant toutes les demeures, magasins, etc. . Dans les temples publics, des ceremonies ont lieu presque non-stop et les porteurs d'offrandes s'y rendent a la queue-leu-leu, un enorme panier de fruits sur la tete (qu'ils recuperent quand meme ensuite pour le manger chez eux !).
Leur hindouisme est apparement assez different de l'hindouisme indien, car il a ete tres influence par la culture balinaise propre.
La societe est organisee selon un systeme de castes (4 ou 5 castes je ne me souviens plus), dont la caste inferieure compose 90% de la population, mais cela fonctionne d'une maniere apparement beaucoup plus souple qu'en Inde. Ce qui est amusant, c'est que tous les membres de cette derniere caste ont pour prenom un des 4 seuls prenoms possibles, en fonction de leur ordre d'arrivee dans la famille. Le premier enfant s'appellera donc toujours ... (j'ai oublie, c'etait il y a un mois deja...) , le deuxieme Made, etc. La distinction homme/femme se fait par l'ajout d'un prefixe, i- pour les hommes et ni- pour les femmes.
Tres etonnant aussi, le nombre d'artistes et artisans (les balinais ne font pas vraiment la distinction), peintres, sculpteurs de bois, musiciens, qui composent la population. C'est ce qui a rendu Ubud celebre, et la quantite de galeries et magasins d'objets en bois sculpte est impressionante, la qualite ne l'est par contre pas toujours autant...
Comme je le disais plus haut, les alentours sont magnifiques, et les ballades en velo ou pied que nous avons pu y faire sont inoubliables. Vraiment charmant aussi, la chaleur avec laquelle tous les enfants que nous croisons dans les villages nous acceuillent avec un "hello" systematique et tres dynamique. A tel point que lors d'une longue promenade en velo, on a termine quasiment hypnotise par tous les "hellos" qu'on a pu entendre (plusieurs centaines je pense, sans exagerer) et auquels on finissait par ne plus avoir la force de repondre !

20 mars 2006


Presqu'ile de Bukit (sud Bali, Indonesie) - arrivee le 14/03/06


C'est avec plaisir que nous prenons la route, le fait d'etre en voiture nous donnant une sensation de liberte tres excitante, et je me familiarise rapidement avec la conduite "a la balinaise", c'est a dire a gauche, sur des routes sinueuses avec une quantite d'obstacles impressionnante : chiens qui dorment au milieu de la route, pas genes par les voitures qui les frolent (je n'ai toutjours pas compris pourquoi les chiens de Bali aimaient tant dormir sur la route...), poules, canards, enfants, tas de sables, trous, camions, et ennormement de scooters pas toujours previsibles. Bref, on depasse rarement le 60 km/h et les quelques "pointes" que j'ai pu faire, c'est a 80 km/h, dans les plus longues lignes droites...
Etonnant aussi, la densite des habitations le long des routes, les villages se succedent sans arret, et je comprend mieux comment trois milions d'habitants peuvent habiter sur une si petite ile.
On s'aventure sur des chemins en terre (histoire de tester les capacites tout terrain de la jeep), se perd deux ou trois fois, discute avec un fermier qui nous explique les differentes facons de dire bonjour en indonesien et balinais, et finalement nous arrivons a destination.
Il s'agit d'un ensemble de cinq bungalows perches en haut d'une falaise contre laquelle se jettent continuellement des rouleaux enormes. L'endroit est tres cher selon les standards de Bali, mais l'autre hotel des environs est complet, et l'endroit est tellement magnifique que nous restons deux nuits ici, dans un bungalow avec avec une suberbe salle de bain exterieure, dans le jardin.
Pour diner, nous irons a Jimbaran, ou on mangera sur la plage le meilleur barbecue de fruits de mer jamais mange, fait avec de l'ecorce de coco, qui donne un fumet delicieux aux produits ultra-frais. Tout simplement parfait.


Kuta (sud Bali, Indonesie) - arrivee le 09/04/06

Malgre les nombreuses critiques que j'avais pu entendre a l'encontre de Kuta, nous y avons passe quelques jours tres agreables.
Nous comptions n'y rester qu'une journee ou deux le temps de trouver une voiture a louer, mais finalement le sejour aura ete un peu plus long, et nous y sommes meme retournes quelques jours a la fin de notre visite de Bali.
Il est clair que si notre temps avait ete compte a Bali, nous ne nous serions probablement pas attarde dans un lieu qui a premiere vue est un alignement de Mc'Do, Starbucks, Hard Rock & co, est qui est repute etre la destination favorite des jeunes australiens pour les beuveries ... mais en y passant quelques jours en prenant son temps, en se balladant en scooter dans les petites ruelles, on a un bon avant-gout de l'esprit balinais.
Ce que j'ai trouve paradoxalement le plus derrangeant, c'est le manque de touristes ! je m'explique, les balinais sont des gens adorables, tres ouverts, qui engagent volontiers la conversation et vous considerent sincerement comme leur ami tres rapidement. Leur gentillesse est telle qu'il est difficile d'etre insensible aux problemes qu'ils ont actuellement, qui sont flagrants a Kuta : il n'y a de loin pas suffisamment de tourisme pour faire vivre tout le monde. Dans une ville entierement dediee au tourisme, il est vraiment triste de voir qu'il y a plus de magasins que de touristes, et a chaque fois qu'on refuse les propositions en tous genres de babioles a acheter, de tours a faire, de taxis, etc., on a l'impression de leur planter un couteau dans le coeur tant leur deception, parfois desespoir, sont flagrants. On verra par la suite que c'est le cas dans toute l'ile, et c'est meme pire dans les endroits plus recules, ou on visitera plusieurs fois des hotels quasi a l'abandon, tant les clients sont rares. A l'oppose, il est etonnant de voir que les meilleurs endroits (hotels ou restaurants), en general des milieu-haut de gamme avec un tres bon rapport qualite-prix, sont quasiment tout le temps pleins alors que tous les concurrents sont au bord de la faillite...
Voila pour le cote negatif, pour le reste nous avons adore les magnifiques couchers de soleil tous les soirs sur la plage immense de Kuta, les bons restaurants, les coktails au Bali Moon (apres une cure quasiment sans alcool pendant un mois en Malaisie...), et un salon de massage avec des massages de pieds vraiment excellents.
Je crois que je ne l'ai pas mentionne avant, mais nous sommes en effet devenus de fervents adeptes des (bons) massages, en particulier des pieds. Nous avons fait notre premier massage des pieds a Kuala-Lumpur, et je dois dire que j'en ai chie, pour parler cruement. Loin du fantasme de la masseuse qui fait un massage tout en sensualite, j'ai eu le droit a un chinois qui avait un physique de lutteur avec des bras gros comme mes cuisses.
C'est impressionnant de decouvrir comme nos pieds peuvent etre sensibles ! la douleur, insoutenable au debut, devient vite secondaire une fois maitrisee (apres deux ou trois massages on arrive a rester totalement detendu et a ne plus en tenir compte). Effet planant garanti si c'est bien fait (ce qui n'est malheureusement pas souvent le cas), avec l'impression d'avoir des pieds tout neufs, surtout apres une bonne journee de marche.

Voila pour Kuta, que nous quittons au volant d'un petit 4x4 qui doit avoir 3 ou 4 tours de compteur mais qui marche bien, nous nous dirigeons maintenant vers la pointe sud de Bali, la presqu'ile Bukit.


Malacca (sud ouest Malaisie) - arrivee le 05/03/06

Derniere halte de notre parcours en Malaisie, Malacca est une ville que nous avons beaucoup appreciee.
C'est a la fois la ville la plus ancienne de Malaisie, avec l'heritage historique le plus riche, et a mon avis la plus moderne, cosmopolite et multiculturelle.

Nous sommes tres loin de l'"Islamic City" Kota Baru, et ici la religion officielle passe visiblement au second plan dans la vie de tous les jours. Les habitants sont beaucoup plus tournes vers l'exterieur, et je suis etonne de constater qu'ils se parlent entre eux aussi bien anglais que malais (ou chinois). Ils passent frequemment d'une langue a l'autre au milieu d'une phrase et cela semble venir tres naturellement. Un habitant d'originie chinoise est fier de me dire que ses enfants suivent tous leurs cours dans des langues differentes : anglais, malais ou chinois selon les matieres. C'est a son tour d'etre etonne quand on lui dit qu'on a passe quelques jours a Kota Baru... il me dit carremment que c'est un endroit dangereux pour les etrangers, que les femmes risquent de se faire violer tres facilement, et pour couronner le tout que la police ne bougera pas le petit doigt si nous sommes victimes d'une aggression ! Bref, bien que son discours semble etre exagere, limite raciste en fait, je realise a quel point l'apparent equilibre qui regne dans ce petit pays entre ses trois communautes est precaire.

D'un point de vue culturel, Malacca est la source de la culture Nyonya, qui est en fait un melange de culture chinoise et de culture malaise. Le resultat est interressant, l'architecture est belle (plus travaillee que le style malais, mais moins kitch que le style chinois...) et la cuisine est delicieuse.
L'influence coloniale est aussi tres forte, de nombreux batiments ont ete construits par des hollandais, anglais ou portuguais (Malacca etait un port assez strategique commercialement et a fait l'objet de beaucoup de convoitises) et il subsiste meme un quartier portuguais a Malacca ! on sera un peu decu quand meme par ce dernier, nous n'avons reussi a trouver que deux petites vieilles qui barraguouinaient quelques mots de portuguais, le "quartier" se limitant a quelques pavillons et a une grande place entouree de restaurants portuguais (ou on mange vraiment tres bien par ailleurs).

Bref, nous avons passe quelques jours dans une superbe hotel, typique Nyonya, et nous nous sommes regales de la cuisine locale... un petit sejour vraiment parfait pour finir notre rapide visite de la Malaisie (un mois deja !).

Teman Negara (centre Malaisie) - arrivee le 03/03/06

Depuis Kota Baru, deux possibilites pour se rendre au Teman Negara : le train express (depart tard le soir arrivee au petit matin) ou le train lent (depart tres tot le matin, arrivee milieu d'apres midi).
Notre choix se portera bien entendu sur la deuxieme alternative, aussi surnomee le "jungle train", histoire de profiter du paysage pendant le trajet.

Reveil 4h, arrivee a la gare vers 5h30, pour ne pas rater le depart (officiel) vers 6h. Le train finira par arriver parresseusement vers 8h30 alors qu'on commencait a s'endormir sur le quai...
Apres a peine une demi heure de trajet, je commence a comprendre pourquoi le train est si lent : il s'est deja arrete 5 fois, a deja fait deux fois marche arriere pour laisser passer un autre train (!!!), et a chaque arret, la majorite des passagers (des femmes pour la plupart) doivent charger et decharger diverses marchandises (legumes, riz, tissus, poules....). Le train se transforme alors en mini-marche eclair, les gens sur le quai achetant, vendant ou troquant rapidement quelques produits a ceux du train.
Les heures qui suivent furent plutot eprouvantes, le wagon tres bruyant et la fumee de cigarettes malaisiennes (pas de wagon fumeur ici...) n'arrangeant pas les choses. Nous sommes finalement arrives avec 4 heures de retard, vraiment extenues mais contents d'avoir ete temoins de scenes de vie vraiment authentiques.

Arrives sur place (derniere etape avant le parc lui-meme), l'ambiance change radicalement, on tombe dans les rouages d'une mecanique bien huilee dont le seul but semble etre de nous soutirer un maximum d'argent... on a le droit a peine arrives dans l'hotel a une reunion "informative" sur le parc, qui vise en fait a nous vendre les services d'une organisation qui regne en quasi-monopole sur le parc et qui vend absolument tout, depuis la bouteille d'eau jusqu'au trek de 10 jours avec bivouac dans le parc. Le pire c'est qu'ils nous imposent un quasi bourrage de crane et nous mettent la pression : il faut faire des choix immediatement, bien sur la carte visa est acceptee, tenez vous n'avez qu'a cocher la case si vous voulez faire ca, depechez vous demain matin il sera trop tard apres le depart du bateau, etc. Quand j'annonce que je ne vais rien cocher tout de suite et dormir un peu histoire de pouvoir reflechir, j'ai le droit a un regard mechant... j'exagere un peu mais c'etait vraiment grave.

Le lendemain matin, nous prenons le bateau pour nous rendre a l'entree du parc, une jolie balade de trois heures pour arriver au village qui sera le point de part de nos expeditions.
En arrivant la-bas, on se trouve un petit hotel sympa, mais je comprend vite que j'ai neglige l'aspect financier du sejour : ici aucun bureau de change, ni les cartes de credit ni les dollars ne sont pas acceptes, et evidemment pas de distributeurs. Apres avoir fait les comptes, je me rends vite compte qu'il faut faire un croix sur les treks un peu serieux (avec au moins un nuit dans la jungle) qui necessitent imperativement d'etre accompagne d'un guide. On decide donc de faire une rando d'une journee sans guide.

Histoire de se ratrapper de ne pas pouvoir dormir dans une grotte avec les chauves-souris (cela faisait partie du programme des longs treks), on fait les choses serieusement : lever au petit matin, depart au pas de course, en 2 heures on a deja torche la randonnee "pour touristes" qui fait un tour cense prendre 4-5h. Motives par cette performance, on se lance sur un sentier qui doit finalement nous amener a un lac.
L'environnement est vraiment magnifique : arbres immenses, rayons de soleils qui percent la canopee, vegetation luxuriante, cours d'eau superbe... tout est sauvage et nous evoluons tous les deux dans ce milieu comme deux poissons dans l'eau.
Et puis tout d'un coup tout bascule, nous ne sommes plus seuls, de charmants petits etres sont maintenant de la partie : les sangsues.
Les sangsues, ce sont des petites bestioles ressemblant a des vers qui restent sur le sol, souvent camouflees par des feuilles mortes, et pointent la queue (ou la tete?) en l'air dans l'espoir de pouvoir s'accrocher a un etre rempli de sang qui aurait la malchance de lui marcher dessus.
Une fois accrochees, elles se hissent au niveau de l'ouverture de la chaussure, voire meme en haut de la chaussette puis se faufilent jusqu'a trouver un coin de peau fraiche...

Le gros probleme avec les sangsues, dans les coins ou elles sont nombreuses, c'est qu'elles interdisent tout repos : en effet si vous approchez a moins de 2 metres environs d'une sangsue, celle-ci vous "sent" (je ne sais pas comment) et s'approche de vous a vitesse assez etonante.
Donc nous nous retrouvons a marcher a un rythme effrene, constamment en train de regarder ou on met les pieds, en esperant bientot trouver un endroit "propre" ou on pourra s'arretter un peu pour souffler...
Mayara est par 2 fois prise de panique, la premiere fois elle manque de jeter ses chaussures dans le fleuve quand elle se rend compte que deux sangsues etaient en train de l'escalader.
On continue quand meme un bon bout de temps comme cela, puis finalement quand l'eau commence a manquer et que les nerfs sont serieusement eprouves, on finit par renoncer a atteindre le lac et par rebrousser chemin.

Finalement, on aura eu notre dose d'aventures les 7-8 heures de marche dans la journee nous auront bien calme pour quelques temps.

Le lendemain nous reprenons la route pour Malacca, qui sera notre derniere halte en Malaisie.

11 mars 2006


Kota Baru (nord est Malaisie) - arrivee le 01/03/06

Nous voila a Kota Baru, autoproclamee "The Islamic City", capitale de l'Etat le plus religieux de Malaisie, situee a quelques kilometres de la frontiere avec la Thailande.

C'est une ville tres calme, dont la vie est rythmee par les prieres (celle de 5h30 au megaphone est memorable...), organisee en larges avenues parfaitement perpendiculaires. C'est ici que nous prenons le plus conscience de la difference culturelle existant entre les differentes populations de malaisie.

Car la Malaisie, c'est une religion officielle, l'Islam, mais c'est surtout un pays ou cohabitent trois communautes bien distinctes :
- les Malais, quasiment tous musulmans, sont les descendants des habitants "d'origine" de Malaisie, dont la culture traditionelle et l'apparence physique sont tres proches de celles des indonesiens (meme si la culture moderne a ete fortement influencee par les colons britanniques)
- les Chinois, dont la plupart sont de croyance shinto/tao/confusciannisme (souvent un melange des trois si j'ai bien compris), mais comptant aussi des musulmans, composent apparement l'elite economique du pays
- les Indiens, hindous pour la plupart, quelques musulmans aussi, semblent former la communaute qui se sort le moins bien du lot

Tous sont "Malaisiens", c'est a dire de nationalite malaisienne, mais si vous leur demandez d'ou ils viennent comme on peut le faire quand on rencontre quelqu'un sans connaitre sa nationalite, ils vous repondront "chinese" ou "indian", meme s'ils n'ont jamais mis les pieds en Chine ou en Inde !

Mais revenons a Kota Baru (je ferai peut-etre plus tard un post sur le theme de la cohabitation, car c'est apparement un sujet "chaud" de l'actualite ici...), ou quasiment toutes les femmes sont voilees, ou il est difficile de trouver une biere, et ou Mayara suscite une curiosite et une attention qui, bien que tres flateuses au debut, finissent par la rendre plutot nerveuse... elle se fait souvent interpeller malgre ma presence et le peu de fois ou je me suis absente quelques instants il y a toujours eu quelqu'un pour venir discuter avec elle assez lourdement. Deconseille aux femmes seules donc !
A part ca les gens sont tres sympathiques, nous avons discute avec un reponsable de la mosquee qui paraissait etre quelqu'un de tres ouvert (il a quand-meme reussi a me citer trois de ses connaissances en france et en suisse qui sont des musulmans convertis...), visite 2-3 musees et tres bien mange. De quoi reprendre des forces pour la prochaine etape, le Teman Negara !

03 mars 2006


Pulau Perhentian (cote est Malaisie) - arrivee le 25/02/06

La mousson etant maintenant terminee, direction la cote Est et ses petites iles paradisiaques.
Durant la saison des pluies, l'acces est tres difficile et il faut parfois attendre 10 jours pour trouver un bateau qui se risque a la traversee... on va bientot comprendre pourquoi.

Nous sommes donc arrives a Kuala Besut, port d'embarquement pour les iles, et on a a peine le temps de souffler 5 mn a l'ombre (il est 14h, il fait environs 45 degres et pas un nuage a l'horizon...) qu'un jeune vient nous chercher pour nous dire qu'un bateau part immediatement.

Le bateau en question est beaucoup plus petit que ce que je pensais pour une traversee d'une heure et demie, il ressemble plutot a une grosse barque a laquelle on aurait greffe 2 enormes moteurs, et malgre cela il est tres bien charge, une quinzaine de personnes et leurs bagages.

En s'installant, on apprecie le vent marin qui nous fait oublier un peu la chaleur et on se prepare a la balade en mer. C'est parti ! les moteurs vrombissent, le bateau se cabre et a peine sorti du port les choses serieuses commencent : des rouleaux de 2 m qu'on enchaine les uns apres les autres, le bateau qui "tape" avec une violence enorme... je commence deja a me demander quand est-ce que cela va s'arreter, mais on vient a peine de partir et la traversee va etre longue. Il n'y a plus qu'a s'accrocher et a prendre son mal en patience... mais ce n'est pas si simple pour tout le monde : Mayara est tout simplement terrorisee, elle hurle, pleure et m'implore de demander qu'on fasse demi-tour... a tel point que je me demande si elle ne va pas se jeter par dessus bord ! je fais signe au chauffeur, qui arrette le bateau pour qu'elle puisse se mettre a l'arriere (plus calme) et c'est reparti !

Je m'habitue rapidement au rythme , mais reste inquiet tout de meme, surtout lorsque je vois le chauffeur s'arretter d'un coup au milieu des rouleaux, l'air tres tendu, et passer un coup de fil pour signaler notre position aux gardes-cotes... car c'etait vraiment "chaud" apparement, meme pour lui qui fait la traversee tous les jours.

Voila, on est finalement arrive a Kecil (la plus petite des deux iles) en un seul morceau, epuises mais contents de fouler la terre ferme.

Les trois jours suivants furent magnifiques : petites plages desertes, mais surtout fonds marins splendides, admires avec masque et tuba dans une eau parfaitement limpide, on a pu observer des petits requins en train de chasser, des tortues "brouter" l'herbe marine, des poissons de toutes les couleurs et ennormement de coraux qu'on trouve a profusion sur ces iles.

Pour le retour, on a finalement trouve un "slow boat", beaucoup plus gros et rassurant que le precedent (sur lequel Mayara avait jure de ne plus jamais mettre les pieds, prete a s'installer definitivement sur l'ile...). Pas tres utile finalement, puisque la mer etait tres calme....

23 février 2006


Cameron Highlands (ouest Malaisie) - arrivee le 20/02/06

Nous arrivons vers 22h a Tanah Rata, le bus s'etant arrete 2h a un poste de police pour raison inconnue...
On sent tout de suite la fraicheur ambiante, puisqu'il fait ici continuellement entre 15 et 20 degres (cette petite ville detient meme le record de froid en malaisie avec 7 deg ...). Ce bol d'air frais fait beaucoup de bien apres une journee difficile, l'apres midi passe a la gare routiere de Ipoh pour attendre la connexion de bus dans une chaleur extenuante.
On meme tres froid la premiere nuit, on demande une deuxieme couverture le lendemain.

Nous partons le lendemain dans la jungle pour une "petite ballade" en raison de l'heure avancee, mais on finit par ne pas resister a la tentation de bifurquer sur un sentier marque "difficile" dans mon guide. Le temps indique pour la montee au sommet est de 3h, ce qui fait tres juste puisqu'il est deja 16h... peu importe, j'ai une lampe de poche dans mon sac et malgre les recommendations de prudence repetee maintes fois sur les cartes et guides, nous nous lancons.

La montee est tres abrupte et le terrain glissant car boueux, mais nous arrivons quand meme au sommet 2h plus tard, il faut croire que nous sommes en forme ! Le soleil est deja tres bas et une averse eclate, on ne peut donc pas trainer la-haut, on enfile nos ponchos et la descente se fait quasiment en courrant.

Le lendemain petite marche difficile en raison des courbatures de la veille pour aller visiter une plantation de the. Paysage vraiment magnifique, tout en courbes, colines d'un vert emeraude, on sirote un the comme je n'en ai encore jamais bu sur une terrasse qui suplombe tout ca...

Et nous voila... aujourd'hui ! Je suis donc maintenant a jour dans mes posts.
Cet apres-midi trek dans la jungle, on a fini par perdre le sentier, retour difficile... recompense par un repas pantagruellique, qui a valu a Mayara d'etre malade ( le poisson avait un gout bizarre...).
Pulau Pangkor (cote ouest Malaisie) - arrivee le 13/02/06

Apres une cure de gaz de gaz d'echappements, rien de tel qu'un peu de farniente sur une ile au soleil...
Je voulais plutot aller sur la cote est, plus sauvage, mais la mousson n'etant pas encore terminee, je finis par me decider pour Pangkor sur la cote ouest, petite ile vivant principalement de la peche et d'un tourisme plutot "routard" (mis a part le Pangkor Laut resort, hotel de grand luxe situe sur une minuscule ile jumelle).

Apres une nuit mouvementee a KL (ayant rate le bus, nous nous retrouvons dans une guesthouse miteuse) ou nous n'avons quasiment pas dormi (je me suis meme reveille nez a nez avec une souris peu farouche qui m'observait depuis le montant du lit) et une journee de bus puis bateau, nous voici donc a Pangkor.

Rien d'exceptionnel, si ce n'est qu'on s'attache tres vite au rythme balades en scooter, plages desertes, grillades de fruits de mer, petits hotels sur la plage, batailles amicales avec les singes qui tentent de nous devaliser des qu'on a le dos tourne, compagnie des chiens sauvages...

Une semaine qui passe tres vite a la fin de laquelle on se surprend en se rendant compte qu'on a deja ses petites habitudes et que finalement on resterait bien une ou deux semaines de plus... mais l'appel de la montagne est plus fort, puisque nous prenons la direction des Cameron Highlands, station d'altitude (1700 m) dont la specialite est la culture du the.

Le Thaipusam (Batu Caves, Kuala Lumpur, Malaisie)

Le lendemain de nos peregrinations dans Chinatown, nous decidons de nous mettre au vert et d'aller chercher le calme dans les Lake Gardens, histoire de rendre visite aux orchidees, papillons et oiseaux exotiques qui le peuplent.

Apres avoir marche pendant une bonne heure pour nous y rendre et juste en face de l'entree du parc, un chauffeur de taxi nous accoste et nous propose de nous emmener aux Batu Caves.

J'avais lu dans le routard que dans ces grottes pas tres eloignees de KL, se deroule une fois par an une ceremonie vraiment extraordinaire, mais je pensais qu'on l'avait ratee car elle a apparemment lieu d'habitude fin janvier.

On decide donc de sauter sur l'occasion quand le taxi nous apprend qu'elle a lieu en ce moment meme.

Nous voila donc partis. En arrivant la-bas, on se rend tout de suite compte que c'est vraiment quelque chose d'enorme, une file de voitures interminable converge vers le lieu et on sent deja une atmosphere electrique.

Et la marche commence. Car le Thaipusam, c'est une marche qu'entreprennent les indiens hindous de Malaisie afin de se faire pardonner leurs mauvaise conduite durant l'annee. En gros, pendant 48h nonstop, des dizaines de milliers d'hindous dont beaucoup en transe marchent vers ces grottes, puis gravissent un escalier hyper abrupt de 272 marches pour deposer des offrandes dans la grotte geante ou se deroulent des rituels de purifications.

Ambiance unique et survoltee, beaucoup de transes, de langues et joues percees de tiges en fer, des oranges et citrons accroches dans le dos a l'aide de crochets plantes dans la peau, de paniers d'offrandes portes sur la tete pour les femmes, d'enormes structures metalliques pour les hommes, maintenues en equilibre au-dessus d'eux par des barres en fer leur entrant dans le ventre.. , des mouvements de foule impressionnants, une chaleur etouffante, des musiques de transe traditionnelle a plein gaz, des incantations et prieres au megaphone.. bref vraiment impressionnant et experience fabuleuse.

Tres positif aussi, le comportement des gens vis a vis de nous qui etions a peu pres les seuls "blancs" : regards d'etonnement et de curiosite de nous voir parmis cette foule puis toujours des sourires amicaux, parfois meme nous proposant de les prendre en photo.

Les seuls "stress" : comportements parfois limite violents lors des transes, il vaut mieux s'ecarter rapidement pour ne pas se prendre un coup "perdu"..., mais aussi la presence d'infirmes mendiants alonges au milieu de la foule en mouvement.

Rentres epuises a l'hotel, pour la premiere fois j'ai fait une nuit complete (les 2 premieres nuits, reveil vers 2-3h du matin et impossible de me rendormir...).

18 février 2006

Chinatown (Kuala Lumpur, Malaisie)

Le lendemain, direction chinatown a 10 mn a pied de l'hotel. Pas encore habitues a la chaleur etouffante ni a l'air ultra-pollue et encore moins au vacarme ambiant (sacre contraste avec Lausanne), cette petite marche est assez eprouvante...

Mais nous ne sommes pas decus, depaysement total dans chinatown, foule compacte, odeurs inconnues, stands de nourriture non identifiee, nous observons tout avec curiosite et nos sens sont abondamment sollicites.

Alors que dans l'artere principale on vend des rolex a 10 Ringgits (env. 2.2 euros) negociables a 5 et des sacs vuitton de toutes tailles et toutes formes, dans les petites ruelles les choses sont moins clinquantes : on se retrouve dans un marche tres sombre et a l'air sature d'efluves de possons et viandes qui on l'air d'attendre la depuis pas mal de temps deja... pas le temps de prendre une photo, Mayara doit sortir d'urgence prendre l'air "frais"...

Un repas bien bien merite de plats traditionnels malais nous recompense de ces efforts.
Premier contact

Retour sur le trajet en taxi aeroport-hotel. Notre premiere discussion avec un malaisien a lieu dans le taxi qui nous conduit a KL, et je suis etonne de la gentillesse et de l'ouverture du chaufeur.

Son anglais etant tres bon, je finis par lui demander si tout le monde parle comme lui en malaisie. Il me repond que quasiment tous les malaisiens ont appris l'anglais a l'ecole (too much selon lui) et que les habitudes anglaises ont fortement influence les coutumes locales. J'apprends avec surprise que la malaisie est independante depuis 46 ans seulement (je viens de verifier, 50 exactement).
Arrivee a Kuala-Lumpur (Malaisie)- le 09/02/06 vers 19h

Premiere mission : trouver un taxi pour rejoindre l'hotel (env. 70km). Malgre l'avertissement de mon guide a propos des taxis, nous nous retrouvons dans un taxi-limousine et non dans un taxi classique comme je le souhaitais... les 2 malaisiens qui nous on cueuilli a la sortie de l'avion ont su etre convaincants, surtout que je n'ai vu nulle part de taxi basique... premiere negociation vite reglee de part notre impatience de nous trouver sur le chemin.

Arrives dans l'hotel (moderne et confortable, sans charme mais bien place, conforme a ce que je voulais) nous nous jettons sur le magnifique buffet du diner qui a le merite de nous presenter un 30aine de desserts malaisiens differents.

ensuite dodo