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28 août 2006

Durban (est Afrique du Sud) - arrivee le 09/07/06

Apres le Lesotho, retour en Afrique du sud, direction Durban, grande ville cosmopolite a l'atmosphere beaucoup plus detendue qu'a Johannesburg. Je passerai ici quelques jours le temps de prendre un bus m'amenant au Mozambique, a me ballader (car on peut se deplacer a pied a Durban, meme si j'ai prefere ne pas prendre mon appareil photo), a visiter quelques bars et a passer une nuit dans le gros club techno local.
A part ca rien de tres particulier, j'etais surtout presse d'arriver au Mozambique...

24 août 2006

Bloemfontein (centre Afrique du Sud) - arrivee le 30/06/06

Petite ville tranquille et sans grand interet, Bloemfontein etait censee n'etre qu'une etape de 24 heures maximum nécessaire pour atteindre le Lesotho. J'y suis finalement reste trois ou quatre jours, bien malgre moi je dois dire. Je suis en effet arrive la veille d'un jour de fete nationale, tous les bus etaient donc complets jusque trois jours plus tard. J'aurais meme pu rester bloque trois jours de plus a cause du proprietaire du "backpacker's lodge" dans lequel j'etais, qui en plus d'etre atteint de mythomanie aggravee, s'averait etre gay et se sentait seul dans son endroit peu frequente. Il passait son temps a raconter qu'il etait milliardaire, que la moitie de la ville lui appartenait et qu'il n'etait la que quelques jours le temps de trouver un nouveau manager pour son lodge. Cela ne me derangeait pas plus que ca, d'autant plus que je lui ai vite fait comprendre qu'il n'avait aucune chance avec moi et que a part ses serieux ploblemes mentaux, il etait tres marrant et faisait un bon compagnon de beuverie (je vais encore passer pour un alcoolique...). Les choses se sont par contre compliquees quand j'ai realise qu'il ne m'avait jamais achete le ticket de bus comme prevu lors de mon arrivee. En effet, la veille au soir du depart, il est arrive tres emeche et m'a annonce que le bus du lendemain etait annule. Je decidai donc de me rendre le lendemain matin le plus tot possible a la gare routiere pour trouver un autre bus. En arrivant la-bas, le representant de la compagnie de bus m'explique que le bus est bien parti comme prevu le matin meme, qu'aucun ticket n'avait jamais ete achete pour moi et que le prochain bus ne quittait la ville que trois jours plus tard et etait d'ailleurs deja complet. Fou de rage, je decide d'aller prendre mes affaires immediatement et de chercher une guesthouse le temps de trouver un autre moyen de me rendre au Lesotho. Alors que je marche sur le chemin du retour, je vois gare dans une rue un bus avec ecrit en gros sur son aile "Lesotho". Reprenant espoir, je decide de tenter ma chance et demande au chauffeur s'il se rend bien au Lesotho et s'il y a par hasard un siege de libre pour moi, en lui assurant que je suis pret a lui payer un bon prix (je voulais quitter cette ville de degeneres au plus vite). Il est donc alle chercher le responsable, qui m'explique qu'il n'y a pas de probleme, que je n'ai rien a payer, mais qu'ils ne savent quand 'ils vont quitter la ville, car ils doivent donner un concert de Gospel au theatre de la ville mais ne savent pas a quelle heure ils doivent passer. Il me propose donc de repasser vers 14h30 pour etre sur de partir avec eux. J'ai juste le temps de repasser au lodge, heureusement le psychopate de service n'etait pas la car je ne sait pas comment notre discussion aurait termine vu mon etat d'enervement, et me voila de retour un peu avant l'heure convenue, avec mon sac a dos et heureux d'avoir eu autant de chance. Lorsque j'arrive dans la rue ou tous les bus sont alignes (ils venaient de toute l'afrique du sud pour ce rassemblement de chorales de gospel), je decouvre avec stupeur que mon bus n'est plus la. Faisant tout pour garder mon calme, je me dis que la meilleure chose a faire est d'attendre, et que peut-etre par miracle un autre bus se rendant au Lesotho va finir par arriver. Une heure plus tard, le bus que j'avais vu le matin revient, mais je ne me detend vraiment que lorsque l'on m'indique le siege que je vais occuper et que je met mon sac dans la soute. Je vais finalement passer un excellent apres-midi a assister a toutes les representations d'un evenement apparemment d'ampleur nationale, toutes les chorales du pays se reunissant ce jour la, bien decidees a montrer de quoi leur province ou ville natale etait capable. Ce qui etait d'autant mieux, c'est qu'ils ne chantaient pas seulement du gospel, mais aussi beaucoup de chants traditionnels, avec musiciens, danses, etc.
Le plus etonnant peut-etre etait que j'etais le seul blanc dans une salle ou se trouvait plusieurs centaines de personnes, le seul autre que j'ai pu voir etait le pianiste d'une des chorales. Encore un exemple de la vie post-apartheid sud-africaine. Les noirs et les blancs habitent dans les memes villes, frequentent plus ou moins les memes endroits, mais semblent eviter toute mixite culturelle ou affective (je n'ai vu quasiment aucun couple mixte tout le temps de ma presence a Jo'burg ou Bloemfontein, et seulement quelques uns a Durban, reputee pourtant beaucoup plus "cool"). En tous cas je ne me suis senti a aucun moment mal a l'aise, au contraire les gens etaient plutot amicaux avec moi, et j'ai passe un excellent moment, a tel point que me suis surpris a remercier interieurement l'autre cingle de m'avoir fait rate mon bus.
Le trajet en bus jusqu'a Maseru (capitale du Lesotho) sera lui aussi assez genial, puisque a peine partis, tout le monde s'est mis debout dans l'allee centrale et a commence a danser sur de la musique a fond la caisse. Une vraie discotheque ambulante, qui se deplacait d'ailleurs a grande vitesse, puisque de ma place je pouvais voir que le compteur affichait dans chaque ligne droite un bon 140 km/h, vitesse dont je n'aurais meme pas imagine un bus de cette taille capable. Pas tres rassure, mais en meme temps le moral au plus haut, la joie et la bonne humeur des autres passagers etant contagieuse, je realise enfin que je suis en Afrique.
Johannesburg (nord Afrique du sud) - arrivee le 27/06/06

L'arrivee a Johannesburg est plutot desagreable, puisque en plus du froid intense (temperatures negatives la nuit) qui me fera acheter rapidement des chaussettes de laine, un bonnet et meme des gants, on m'a repete au moins dix fois des les premieres heures arrive la-bas que la ville est tres dangereuse, que je ne dois surtout pas marcher seul dans le centre, evidemment ne jamais me deplacer a pied la nuit, et que en gros bien que les taxis soient hors de prix, c'est a peu pres le seul moyen de locomotion enviseageable. C'est un vrai choc apres ces quelques mois passes en Asie ou je ne me suis jamais senti inquiete physiquement et ou la sensation de liberte etait tres forte. D'autant plus que la ville est tres moderne, j'ai l'impression d'etre retourne en Europe, ce qui ne correspond absolument pas a mon desir de decouverte.
Bon, j'en profite quand meme pour me faire une cure d'entrecotes-frites accompagnees de vin rouge, histoire de compenser avec le regime indien quasi-vegetarien, et je visite surtout l'excellent musee de l'apartheid, qui me permet en quelques heures de combler mon ignorance a ce sujet, mais surtout de comprendre un peu mieux les tensions quasi omnipresentes ici. Car j'ai vraiment ete surpris de constater que les relations interraciales demeurent tres difficiles, et que les choses sont loin d'aller pour le mieux. Le racisme est tres repandu, et meme si je l'ai personnellement constate surtout chez les sud-africains blancs (qui n'hesitent pas a l'exprimer de maniere ouverte d'ailleurs), il est apparemment aussi tres developpe chez les noirs, bien que je soupconne que ce soit davantage une haine resultant d'un passe plutot sanglant que du vrai racisme. En effet, j'ai pu constater qu'a mon egard (et oui je suis blanc) les sud africains noirs manifestaient en general tout d'abord soit une froideur volontaire soit au contraire une marque de respect un peu hypocrite, qui se transformait tout a coup en sympathie curieuse lorsque mon interlocuteur comprenait que je n'etais pas sud-africain. D'ou ma conclusion (tout a fait subjective et hative) que les sud-africains noirs n'ont rien contre les blancs en general, mais que nombreux sont ceux qui ont une dent contre les sud-africains blancs, alors que de la part des blancs j'ai pu etre le temoin de vraies manifestations de racisme. L'exemple le plus flagrant que je peux vous donner, mais qui n'est pas un cas isole, est le suivant. J'etais au sud du Mozambique, dans un endroit frequente par pas mal de sud africains, en train de faire du stop. Un pick-up s'arrete, deux sud-africains blancs a l'avant et un a l'arriere a l'exterieur avec lequel je m'installe. Apres quelques secondes de conversation , il me demande comment je voyage d'habitude, je lui repond qu'en general j'utilise les bus locaux. Voici sa reponse : "Mon pauvre, ca doit vraiment puer !" Nous sommes restes silencieux le reste du trajet.Au sujet de la violence, j'ai rencontre un francais plus tard qui a fait l'experience de ce que cela peut donner. Cela faisait quelques heures qu'il etait arrive de France a Johannesburg, et il se trouvait a la gare de bus, cherchant un moyen de quitter la ville pour rejoindre le Mozambique. Les alentours de la gare routiere sont reputes dangereux, et il est ecrit dans tous les guides qu'il faut absolument eviter d'en sortir a pied. Il decide malgre tout de traverser la rue pour aller s'acheter une bouteille de lait au marche qui fait face a la gare routiere. Apres avoir paye, il se retourne et a tout juste le temps de voir quelqu'un s'avancer vers lui avec un couteau de boucher a la main. Deux autres le saisissent par les epaules et un quatrieme lui fait les poches, arrache son appareil photo, puis les quatre s'en vont et le laissent au milieu d'une foule qui lui manifeste son desarroi mais qui n'a pas pour autant bouge d'un centimetre pour lui venir en aide.
Voila un peu le climat de Jo'burg, et je dois dire que j'ai hate de quitter cette ville ou les clotures electrifiees et les fusils a pompes pourraient etre utilises comme emblemes tant ils sont presents. Prochaine destination : le Lesotho, avec une etape a Bloemfontein pour changer de bus...